La réponse courte
Un assistant IA maison n'est pas un objet technique : c'est un poste écrit noir sur blanc. Vous choisissez une tâche répétitive à sortie écrite, vous rédigez un cahier des charges de dix lignes, puis des instructions en six blocs — rôle, périmètre, but, contexte, forme, cas de refus. Vous testez huit cas avant de partager. Comptez une heure, aucun développeur.
Un prompt sert une fois. Un assistant bien écrit sert un poste pendant un an. C'est toute la différence entre le geste individuel et l'actif d'entreprise, et c'est aussi pourquoi la quasi-totalité des contenus disponibles sur le sujet passe à côté : ils décrivent l'interface, ce qui prend quatre minutes, et jamais le contenu, ce qui prend une heure et fait toute la valeur.
La documentation d'OpenAI le formule d'ailleurs à sa manière, et la phrase mérite d'être encadrée : « utilisez la connaissance pour de la matière de référence, pas pour des règles ou des comportements ; mettez les règles, le ton et la conduite du travail dans les instructions ». Autrement dit, la qualité d'un assistant se joue dans un texte que vous écrivez vous-même. C'est un exercice de rédaction, et c'est exactement la méthode que nous enseignons pour écrire un prompt qui marche du premier coup, avec les quatre blocs rôle, but, contexte, forme.
Assistant, GPT personnalisé, projet, agent : ce que ces mots désignent
Quatre mots circulent et trois d'entre eux désignent à peu près la même chose. Un GPT personnalisé chez OpenAI, un projet chez Anthropic, un Gem chez Google : dans les trois cas, il s'agit d'une version de l'assistant généraliste préconfigurée avec des instructions permanentes et, parfois, des fichiers de référence. Aucun développement, aucun serveur, aucun contrat supplémentaire.
Le quatrième mot, agent, désigne autre chose : un système qui déclenche des actions dans vos autres logiciels sans qu'on lui parle. La distinction n'est pas un débat de vocabulaire, elle change le niveau de risque et le budget — nous l'avons détaillée dans notre point sur les agents IA en PME, ce qu'ils font vraiment en 2026. Ce que décrit la présente méthode n'est pas un agent : c'est un assistant qui répond quand on lui écrit, et dont un humain relit toujours la sortie.
Les limites concrètes, elles, diffèrent d'un éditeur à l'autre. Voici ce que chacun publie au 27 juillet 2026.
| Éditeur | Le nom de la fonction | Ce qui est publié comme limite | Pour qui c'est le bon choix |
|---|---|---|---|
| OpenAI (ChatGPT) | GPT personnalisé | 20 fichiers joints au maximum, 512 Mo par fichier. Création réservée aux abonnements payants et à la version web. Historique des versions consultable et restaurable | Une PME qui veut des assistants nombreux, partagés finement et versionnés |
| Anthropic (Claude) | Projet | Disponible même sur les comptes gratuits, limités à 5 projets. Sur les plans payants, la connaissance du projet bascule automatiquement en mode récupération et étend la capacité jusqu'à dix fois. Aucun plafond en nombre de fichiers publié | Une équipe qui travaille sur des corpus longs et veut des droits « lecture » ou « modification » par personne |
| Google (Gemini) | Gem | Partage possible dans l'organisation, activé par défaut et désactivable par l'administrateur. Un Gem n'est partageable que si sa connaissance vient d'un fichier importé ou de Drive | Une PME déjà entièrement sur Google Workspace, qui veut gérer les Gems comme des documents |
| Google (Gemini Notebook) | Notebook | 100 notebooks, 50 sources par notebook, 500 000 mots par source, 200 Mo par import local, 50 questions par jour | Le cas « répondre à partir d'un corpus de documents », plutôt qu'« occuper un poste » |
Limites relevées le 27 juillet 2026 dans la documentation officielle des éditeurs (voir sources). Elles bougent souvent : revérifiez avant de dimensionner un usage sur l'une d'elles.
Une remarque utile sur ce tableau : la dernière ligne ne relève pas du même besoin que les trois autres. Si votre question est « je veux que l'IA réponde à partir de nos procédures », vous cherchez une base documentaire interrogeable, et non un assistant de poste — nous traitons ce cas de bout en bout dans notre guide de la base de connaissances d'équipe, en trois niveaux d'ambition.
Choisir le bon poste pour commencer, et ceux à éviter
Le premier assistant décide de la suite. S'il produit un résultat visible en une semaine, dix autres suivront ; s'il déçoit, personne ne recommencera. Le choix du poste compte donc plus que la qualité de vos instructions.
Cinq conditions, à vérifier avant d'écrire une ligne.
- La tâche revient au moins trois fois par semaine. En dessous, l'assistant ne sera jamais rodé : on oublie qu'il existe entre deux usages.
- Ce qui sort est un texte. Un e-mail, une réponse, un compte rendu, une fiche. Les sorties chiffrées ou graphiques relèvent d'autres gestes, et d'autres outils.
- Le référentiel est stable. Un barème, une gamme, une procédure qui ne change pas toutes les semaines. Sinon vous passerez votre temps à mettre l'assistant à jour.
- Un humain relit systématiquement avant que ça parte. Non négociable, et c'est aussi ce qui rend le sujet acceptable pour l'équipe.
- La personne au poste est disponible une heure. Vous n'écrirez pas un bon assistant sans elle : c'est elle qui détient les cas de refus.
À l'inverse, trois familles de postes sont à écarter pour un premier essai. Les décisions concernant des personnes d'abord : trier, noter, classer des candidatures ou des salariés. Ce n'est pas interdit, c'est encadré, et cela demande un cadre préalable que nous détaillons dans notre article sur le recrutement assisté par IA. Les processus encore instables ensuite : si la façon de faire change tous les mois, l'assistant fossilisera une version périmée. Enfin les tâches à données sensibles non cadrées : santé, condamnations, données bancaires. Avant d'en approcher, posez les trois règles de l'IA et du RGPD dans une PME.
Notre cas fil rouge pour tout le reste de l'article : la réponse aux demandes de devis. Volume élevé, sortie écrite, barème stable, relecture commerciale évidente. C'est aussi le poste où le gain est le plus vite mesurable, comme nous l'expliquons dans notre article sur les devis rédigés avec l'IA.
Ce qui change entre un prompt et un assistant, ce n'est pas la qualité de la réponse : c'est ce qui reste après
Les quatre états d'un même geste, du plus fragile au plus durable.
Le cahier des charges en dix lignes
Avant d'ouvrir l'outil, dix lignes, sur papier ou dans un fichier texte, remplies avec la personne au poste et non à sa place. Ce document est le brouillon de vos instructions, et il sert aussi de trace pour la passation.
1. Poste concerné : ...........................................
2. La tâche exacte, en un verbe : ............................
3. Combien de fois par semaine : .............................
4. Ce qui entre (l'information de départ) : ..................
5. Ce qui sort (le livrable, dans quel format, quelle longueur) :
...........................................................
6. Qui relit avant que ça parte : ............................
7. Les 3 documents de référence indispensables : .............
...........................................................
8. Les 3 cas où l'assistant doit refuser et passer la main :
...........................................................
9. Ce qui change dans l'année, donc à revoir : ................
10. Qui en est propriétaire (nom et prénom) : .................
Règle d'arrêt : si vous ne savez pas remplir la ligne 5 ou la
ligne 8, l'assistant n'est pas prêt à être écrit. Retournez voir
la personne au poste avant de continuer.
La ligne 8 est celle qui distingue un assistant utile d'un gadget. Un assistant qui accepte tout produit des réponses fausses avec assurance, et c'est de très loin la première cause d'abandon — nous l'avons documentée parmi les erreurs les plus fréquentes des PME qui démarrent avec l'IA.
Écrire les instructions : les six blocs qui font la différence
Les instructions s'appliquent à toutes les conversations : c'est le seul endroit où vous pouvez imposer une conduite. OpenAI recommande explicitement, pour les tâches en plusieurs étapes, une structure d'étapes du type « quand X survient → fais Y », des sections séparées par des délimiteurs clairs, et de préférer des consignes positives et concrètes aux longues listes d'interdits. La documentation ajoute un conseil que nous appliquons systématiquement en atelier : si l'assistant doit appliquer des définitions ou des classifications précises, donnez de brefs exemples de sorties acceptables et inacceptables.
Six blocs, dans cet ordre. Les quatre premiers reprennent la méthode que nous enseignons pour structurer une demande à une IA ; les deux derniers n'ont de sens que pour un objet qui persiste.
- Rôle et périmètre — qui est l'assistant, et surtout la liste explicite de ce qu'il ne fait pas.
- But mesurable — le résultat attendu, formulé de façon qu'on puisse dire s'il est atteint.
- Contexte de l'entreprise — les invariants : métiers, délais, zone, conditions de règlement. C'est la même matière que celle du second cerveau, ces trois fichiers qui évitent de tout réexpliquer.
- Marche à suivre — les étapes numérotées, avec les branchements « si tel cas, alors telle sortie ».
- Forme de sortie — longueur, ton, structure, signature. C'est ce bloc qui rend le brouillon directement envoyable.
- Cas de refus et d'escalade — les situations où l'assistant doit s'arrêter et écrire à qui passer la main.
Voici le gabarit complet pour notre cas fil rouge. Il est fait pour être recopié tel quel : remplacez les crochets, gardez la structure et les titres de blocs.
# RÔLE ET PÉRIMÈTRE Tu es l'assistant de réponse aux demandes de devis de [ENTREPRISE], [activité en une ligne], [effectif] salariés, en [ville ou région]. Tu prépares des réponses écrites aux demandes de devis entrantes. Tu fais : qualifier la demande, repérer ce qui manque, rédiger une réponse ou une demande de précisions, proposer un chiffrage à partir du barème joint. Tu ne fais pas : envoyer quoi que ce soit, accorder une remise, modifier un prix du barème, t'engager sur un délai qui n'y figure pas, répondre à une demande hors de nos métiers. # BUT Produire un brouillon de réponse qu'un commercial n'a plus qu'à relire, corriger et envoyer. Objectif : prêt à envoyer sans réécriture dans 8 cas sur 10. # CONTEXTE DE L'ENTREPRISE (les invariants) Nos métiers : [3 à 5 lignes, avec le vocabulaire réel de la maison]. Ce que nous ne faisons pas : [2 à 3 lignes] — c'est cette liste qui te sert à refuser. Nos délais habituels : [...]. Notre zone d'intervention : [...]. Conditions de règlement : [...]. Validité d'un devis : [...] jours. Personne qui signe les devis : [...]. # MARCHE À SUIVRE 1. Lis la demande et classe-la : (a) dans notre périmètre et chiffrable, (b) dans notre périmètre mais une information manque, (c) hors périmètre. 2. Si (a) : rédige la réponse avec le chiffrage issu du barème joint. Indique en fin de message la ou les lignes du barème utilisées. 3. Si (b) : rédige une demande de précisions. Trois questions maximum, numérotées, et rien d'autre. Aucun chiffrage. 4. Si (c) : ne rédige pas de devis. Écris « HORS PÉRIMÈTRE » puis deux phrases de réorientation polie. 5. Dans tous les cas : termine par un bloc « À VÉRIFIER PAR LE COMMERCIAL » qui liste ce dont tu n'es pas certain. # FORME DE SORTIE Objet d'e-mail sur une ligne, sans point final. Corps : 120 à 200 mots, vouvoiement, phrases courtes, aucun superlatif, aucune formule creuse, aucune promesse non demandée. Si cas (a) : tableau du chiffrage — ligne, quantité, prix unitaire HT, total HT. Signature : [modèle de signature]. # CAS DE REFUS ET D'ESCALADE Tu écris « À TRAITER PAR UN HUMAIN » suivi de la raison, sans rien rédiger d'autre, si : - le nom du demandeur figure dans la liste [litiges en cours] ; - le montant estimé dépasse [seuil] € HT ; - la prestation demandée est absente du barème ; - la demande contient une donnée sensible (santé, condamnation, appartenance syndicale ou religieuse, origine) ; - on te demande une remise, un délai dérogatoire ou une modification des conditions de règlement. Tu n'inventes jamais un prix, une référence, un délai, un nom de client ou une norme. Si une information manque, tu la demandes ou tu la signales comme manquante — tu ne la déduis pas.
Deux détails de ce gabarit valent d'être soulignés. Le bloc « À vérifier par le commercial » déplace la charge de la relecture : au lieu de relire tout, la personne relit une liste de points douteux. Et l'interdiction d'inventer est formulée deux fois, positivement puis négativement, parce que c'est le seul comportement qu'il faut verrouiller deux fois.
Un assistant par poste, écrit avec les personnes qui tiennent le poste.
Le diagnostic 8 Academy de 30 minutes identifie les deux ou trois postes de votre entreprise où un assistant configuré rapporte le plus vite, et ce que la formation des personnes concernées changerait.
Les documents à joindre, et ceux qu'il ne faut surtout pas joindre
La fonction de connaissance est faite, selon la documentation d'OpenAI, pour de la matière de référence : documentation, guides, manuels, contenus internes. Le même texte recommande de préférer des fichiers clairs et orientés texte, parce que des mises en page complexes rendent le contenu plus difficile à exploiter, et de tester l'assistant après l'ajout des fichiers pour vérifier qu'il s'en sert comme prévu. Sur les GPT personnalisés, la limite publiée est de vingt fichiers, chacun jusqu'à 512 Mo.
Pour notre assistant de devis, trois fichiers suffisent : le barème à jour, une page de description des prestations dans le vocabulaire réel de la maison, et deux ou trois réponses passées jugées exemplaires. C'est tout. Un quatrième fichier n'améliore presque jamais le résultat ; il dilue.
- À joindre : ce qui est stable et fait autorité. Barème, gamme, procédure validée, modèles de courrier, glossaire maison. Si vous en constituez plusieurs, rangez-les dans une bibliothèque de prompts et de gabarits qui devient un actif de l'entreprise.
- À ne pas joindre : des données personnelles brutes. Fichier clients complet, CV, dossiers de candidats, bulletins de paie, coordonnées bancaires. La minimisation n'est pas une option, et l'assistant n'en a pas besoin pour bien travailler.
- À ne pas joindre : un export complet de votre logiciel métier. Un export de CRM ou de comptabilité rend les réponses moins précises, pas plus. Si le besoin est réellement d'interroger un corpus entier, ce n'est plus un assistant de poste qu'il vous faut.
- À ne pas joindre : les règles de comportement. Elles vont dans les instructions. Un règlement rangé dans les fichiers sera parfois consulté, parfois ignoré ; dans les instructions, il s'applique toujours.
Dernier point, qui relève du paramétrage et non de l'assistant : vérifiez ce que devient un fichier joint dans votre offre — conservation, réutilisation, résidence. Les douze réglages à faire avant d'ouvrir l'IA à une équipe sont réunis dans notre guide de configuration des comptes IA d'une PME, et le cadre écrit qui va avec dans la politique IA d'une page.
Tester avant d'ouvrir : la recette en huit cas dont deux pièges
OpenAI recommande d'utiliser l'aperçu intégré pour essayer de vrais prompts avant de partager ou de publier, et ajoute une règle de bon sens que nous reprenons telle quelle : avant d'ajouter des outils, resserrez les instructions et ajoutez des exemples — cela règle le problème beaucoup plus vite. La recette ci-dessous se fait en vingt minutes avec la personne au poste, sur de vraies demandes anonymisées.
Cas 1 — Une demande complète et banale, celle qui représente la
moitié du volume. Attendu : brouillon prêt à envoyer.
Cas 2 — Une demande incomplète. Attendu : trois questions
numérotées, aucun chiffrage.
Cas 3 — Une demande volumineuse, avec une pièce jointe longue.
Attendu : le chiffrage tient compte de tout, sans oubli.
Cas 4 — Une demande urgente et mal écrite, voire désagréable.
Attendu : ton correct, aucune reprise du ton du client.
Cas 5 — Une demande hors de nos métiers.
Attendu : « HORS PÉRIMÈTRE » et réorientation.
PIÈGE : si l'assistant chiffre quand même, vos consignes
de refus sont trop faibles. Ne corrigez pas le cas,
corrigez le bloc de refus.
Cas 6 — Une demande qui contient une erreur de prix venant du
client (« vous m'avez dit 900 € »).
Attendu : l'assistant s'appuie sur le barème et signale
l'écart.
PIÈGE : s'il reprend le chiffre du client, il inventera
aussi le reste. C'est le test le plus important des huit.
Cas 7 — Une demande d'un client figurant dans la liste des
litiges. Attendu : « À TRAITER PAR UN HUMAIN ».
Cas 8 — La même demande que le cas 1, reposée trois jours plus
tard. Attendu : une réponse cohérente avec la première.
Notez pour chaque cas : conforme / à corriger, et la date.
Vous ne partagez l'assistant que quand les huit cas sont conformes
deux fois de suite, à deux jours d'intervalle.
Le cas 6 mérite qu'on s'y arrête. Un assistant qui reprend docilement un chiffre erroné fourni par un tiers est un assistant qui ne s'appuie pas sur ses documents de référence — et il produira tôt ou tard un devis faux avec la même assurance. C'est la version « poste de travail » d'un risque général, celui d'accorder du crédit à une sortie invérifiée, que nous traitons dans notre guide de l'IA en PME.
Le faire vivre, et ce qui arrive quand son créateur part
Un assistant partagé qui n'a pas de propriétaire nommé devient, en quelques mois, un objet que personne n'ose modifier et que tout le monde utilise. C'est le rôle du référent IA interne, avec ses missions et le temps qu'il faut y consacrer : tenir la liste des assistants, leur date de dernière revue et le nom de leur propriétaire. Sur les GPT personnalisés, OpenAI documente un historique des versions consultable et restaurable depuis l'éditeur, ce qui permet de revenir en arrière après une modification malheureuse — avec une réserve utile : si vous restaurez une version qui utilise des actions, il faudra peut-être reconfigurer son authentification.
Reste la question que personne ne pose avant qu'elle ne se pose : que devient un assistant partagé si son créateur quitte l'entreprise ? Nous l'avons cherchée dans la documentation officielle des trois éditeurs. Les réponses existent, elles sont datées, et elles ne sont pas les mêmes.
Trois éditeurs, trois sorts pour le même assistant au départ de son créateur
Politiques publiées dans la documentation officielle, relevées le 27 juillet 2026. Comptes professionnels administrés uniquement.
Sources : Anthropic, « What happens to a user's data when they are removed from a Team or Enterprise organization? » (16 mars 2026) · Google Workspace, « Activer ou désactiver le partage de Gems » · OpenAI, « Managing GPT access in Enterprise and Edu workspaces ».
Trois précisions, parce que le diable est dans le détail. Chez OpenAI, l'assistant survit mais pas ses conversations : la documentation indique que les projets et GPT d'un membre retiré sont réaffectés à un propriétaire de l'espace et ne sont pas marqués pour suppression, tandis que les conversations tenues dans ces projets et GPT sont, elles, marquées pour suppression selon la politique de rétention de l'espace ; seule la propriété change, et les conversations du membre parti ne sont ni transférées ni visibles par le nouveau propriétaire. Chez Anthropic, la parade est explicite dans la documentation : un salarié qui sait qu'il transmet un projet doit en modifier les droits avant son départ, soit vers toute l'organisation, soit vers des personnes nommées en « modification ». Chez Google, le sort d'un Gem partagé se règle dans les paramètres de partage de Drive, avec un corollaire que la documentation signale sans détour : si votre organisation autorise le partage de documents à l'extérieur, les Gems peuvent aussi être partagés à l'extérieur.
Ajoutons un point qui surprend souvent les dirigeants : OpenAI indique que les créateurs d'un GPT ne peuvent pas consulter les conversations que les utilisateurs ont avec lui. Vous ne piloterez donc pas l'usage d'un assistant en lisant les échanges — il faut le mesurer autrement, par la méthode de calcul du retour sur investissement de l'IA en PME.
- Un propriétaire nommé par assistant, écrit dans le cahier des charges, ligne 10.
- Une revue trimestrielle de vingt minutes : le barème est-il à jour, les cas de refus tiennent-ils toujours ?
- Une passation écrite au départ : droits transférés, propriétaire suivant désigné, cahier des charges relu. Le même réflexe que pour un dossier client, appliqué à un actif immatériel.
- Une trace des versions — datée, avec la raison de la modification.
- Un inventaire unique des assistants de l'entreprise, sinon vous découvrirez dans un an des assistants dont personne ne connaît l'auteur. C'est la face « assistants » du shadow AI.
Trois autres assistants prêts à recopier
Même méthode, format compact. Ces trois squelettes se complètent en vingt minutes chacun et se testent avec la même recette en huit cas, adaptée au poste.
ASSISTANT « RELANCE DE FACTURE IMPAYÉE » Rôle : tu rédiges les relances de factures échues de [ENTREPRISE]. But : un message par facture, prêt à envoyer, ferme et courtois. Contexte : trois niveaux de relance — J+8 rappel simple, J+21 relance ferme, J+45 transmission au dirigeant. Conditions de règlement : [...]. Mentions légales applicables : [...]. Forme : objet + 90 mots maximum + rappel du numéro de facture, du montant et de la date d'échéance. Refus : aucun échelonnement accordé, aucune menace juridique chiffrée, aucun montant de pénalité inventé. Au-delà de J+45 : « À TRAITER PAR UN HUMAIN ». ASSISTANT « COMPTE RENDU DE RÉUNION » Rôle : tu transformes des notes brutes en compte rendu de [ENTREPRISE]. But : un compte rendu lisible par quelqu'un qui était absent, en moins de 400 mots. Contexte : nos réunions récurrentes sont [...]. Les noms de nos services et de nos projets sont [...]. Forme : Décisions / Actions (qui, quoi, quand) / Points non tranchés / Prochaine échéance. Rien d'autre. Refus : tu n'ajoutes aucune décision absente des notes. Si une action n'a pas de responsable nommé, écris « responsable à désigner » plutôt que d'attribuer à quelqu'un. ASSISTANT « PRÉ-LECTURE DE CANDIDATURES » Rôle : tu prépares la lecture des candidatures pour le poste de [...]. Tu ne classes pas, tu ne notes pas, tu n'écartes personne. But : pour chaque dossier, une fiche de trois lignes qui aide un humain à décider. Contexte : les cinq exigences réellement non négociables du poste sont [...]. Tout le reste est souhaitable, pas éliminatoire. Forme : Ce qui correspond / Ce qui manque au regard des cinq exigences / Une question à poser en entretien. Refus : aucune mention ni déduction concernant l'âge, le sexe, l'origine, la situation familiale, l'état de santé, la religion ou l'appartenance syndicale, y compris à partir d'un prénom, d'une adresse ou d'une photo. Aucune note, aucun rang, aucun avis favorable ou défavorable.
Deux de ces trois assistants ont leur article dédié, avec les gestes préalables et les pièges du métier : les relances de factures impayées et les comptes rendus de réunion. Et si vous vous demandez à quel moment on passe de l'assistant qu'on interroge à la tâche qui se déclenche seule, la frontière est décrite dans notre méthode d'automatisation des tâches répétitives.
Le mouvement, dans une PME, est toujours le même : un poste, un assistant, une preuve. Puis on recommence sur le poste voisin. C'est la logique de nos parcours métiers, dont celui du commercial et de celui de l'administratif, et le contenu même de la formation IA pour les équipes de PME. Pour savoir par quel poste commencer chez vous, le test de maturité IA prend dix minutes.
À retenir
Créer un assistant IA maison n'est pas un acte technique mais un acte d'écriture : quatre minutes d'interface, une heure de rédaction. La séquence qui marche tient en cinq gestes — choisir un poste répétitif à sortie écrite et référentiel stable, remplir un cahier des charges de dix lignes avec la personne au poste, écrire six blocs d'instructions dont le bloc de refus, joindre trois documents de référence et pas quatre, faire passer huit cas de test dont deux pièges. Le sixième geste est celui que personne ne pose : nommer un propriétaire et régler la passation. Les trois éditeurs documentent des politiques différentes au départ d'un créateur, et aucune ne s'applique à un compte personnel — un assistant qui vit sur un abonnement individuel n'appartient pas à l'entreprise.
Comment puis-je créer une IA sans coder ?+
Puis-je créer mon propre GPT personnalisé ?+
Comment créer un assistant GPT personnalisé sur ChatGPT ?+
Est-il possible de créer sa propre IA ?+
Sources
- OpenAI Help Center, « Creating and editing GPTs » (page mise à jour mi-juillet 2026, consultée le 27 juillet 2026) — limite de 20 fichiers et 512 Mo par fichier, recommandations de rédaction des instructions (structure « quand X → fais Y », consignes positives, exemples de sorties acceptables et inacceptables), rôle de la connaissance comme matière de référence, aperçu avant partage, historique des versions et réserve sur les actions.
- OpenAI Help Center, « GPTs in ChatGPT » (consulté le 27 juillet 2026) — création réservée aux abonnements payants, éléments constitutifs d'un GPT, modes de partage, et fait que les créateurs ne peuvent pas consulter les conversations des utilisateurs avec leur GPT.
- OpenAI Help Center, « Managing GPT access in Enterprise and Edu workspaces » (consulté le 27 juillet 2026) — continuité de propriété au départ du créateur, marquage « non attribué », réaffectation manuelle, contrôles administrateur sur la création et le partage.
- OpenAI Help Center, « Data retention when a member is removed from a workspace » (consulté le 27 juillet 2026) — projets et GPT réaffectés et non supprimés, conversations marquées pour suppression selon la politique de rétention, non-transfert des conversations et fichiers du membre parti.
- Anthropic, Claude Help Center, « What happens to a user's data when they are removed from a Team or Enterprise organization? » (16 mars 2026) — projet privé inaccessible après retrait, projet partagé conservé, nécessité de modifier les droits avant le départ.
- Anthropic, Claude Help Center, « What are projects? » (consulté le 27 juillet 2026) — projets disponibles sur les comptes gratuits dans la limite de cinq, bascule automatique en mode récupération sur les plans payants avec une capacité étendue jusqu'à dix fois, niveaux d'autorisation « lecture » et « modification ».
- Google Workspace, aide administrateur, « Activer ou désactiver le partage de Gems » et Google Workspace Updates, « Introducing Gems sharing in the Gemini app, including admin controls » (18 septembre 2025) — stockage et partage des Gems dans Drive, application des règles de partage externe, partage activé par défaut et désactivable par l'administrateur, condition de partageabilité liée au type de connaissance ajoutée.
- France Num / Direction générale des entreprises, « Génération augmentée par récupération (RAG) : guide pour exploiter les données de sa TPE PME avec l'IA générative » (publié le 3 décembre 2024, mis à jour le 11 juillet 2025) — connecter une IA générative aux données de l'entreprise ne nécessite ni compétences en IA ni compétences en informatique en interne.
