Direction · Mis à jour le 27 juillet 2026

L'adoption de l'IA dans les PME françaises : les chiffres officiels.

Les statistiques publiques sur l'usage de l'IA en entreprise existent, elles sont gratuites, et elles sont éparpillées dans des PDF institutionnels que personne ne lit jusqu'au bas de page. Résultat : les mêmes chiffres circulent sans millésime, sans borne d'effectif, et parfois avec la mauvaise unité. Cette page les rassemble avec, pour chacun, l'institution, l'année, l'enquête, l'échantillon, le lien direct — et la précaution de lecture qui va avec.

27 juillet 2026

Dernière vérification de chaque source

39

Valeurs chiffrées, toutes traçables

7

Publications institutionnelles dépouillées

L'équipe 8 Academy · page revue à chaque parution d'enquête, au minimum deux fois par an
Graphiques boursiers imprimés sur un bureau, avec une loupe, un crayon et une paire de lunettes posées dessus

Un taux d'adoption sans son millésime et sans sa borne d'effectif n'est pas un chiffre : c'est une impression.

La réponse courte

En 2025, 18 % des entreprises françaises de 10 personnes occupées ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023 (Insee, enquête TIC-entreprises). La taille explique presque tout : 15 % de 10 à 49 salariés, 31 % de 50 à 249, 58 % au-delà. La moyenne de l'Union européenne s'établit à 20 % la même année.

Comment citer cette page
8 Academy, « L'adoption de l'IA dans les PME françaises : les chiffres officiels »,
mis à jour le 27 juillet 2026.
https://stephanebacanin.com/observatoire-ia-pme-france.html

Cette compilation est réutilisable librement, y compris ses tableaux et ses graphiques, à une condition qui n'est pas de politesse mais d'exactitude : conservez la mention de la source primaire indiquée en regard de chaque valeur. C'est elle qui porte le périmètre, l'année et la définition, et c'est en la perdant qu'un chiffre juste devient un chiffre faux.

Une requête revient sans cesse : « quel pourcentage de PME françaises utilise l'IA ». Elle a une réponse, elle est publique, et elle est produite par l'Insee. Le problème n'est pas la disponibilité de la donnée, c'est sa manipulation : quatre enquêtes françaises coexistent, avec quatre définitions et quatre champs, et le premier qui les additionne obtient n'importe quoi. Cette page fait le travail de tri. Elle ne couvre qu'un sujet — l'adoption — et elle le couvre à fond. Pour les gains de productivité mesurés, les taux d'échec des projets et le calendrier réglementaire, nous tenons une page distincte : l'observatoire des chiffres de l'IA en PME, qui rassemble les études expérimentales et les données de marché.

1 · Le chiffre de référence : 18 % en 2025, et la série complète depuis 2023

La source de référence est l'enquête TIC-entreprises de l'Insee, menée chaque année en application du règlement communautaire n° 1006/2009 qui harmonise les questionnaires dans toute l'Union. Son millésime 2025 a été publié le 21 juillet 2026 dans l'Insee Première n° 2120, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 ». Verdict : 18 % des entreprises de 10 personnes occupées ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'IA, soit 8 points de plus qu'en 2024 et 12 points de plus qu'en 2023.

Ce n'est pas la moyenne qui compte, c'est la pente et l'écart. Le taux a été multiplié par trois en deux ans, et il a triplé aussi dans les entreprises de moins de 250 salariés — la diffusion n'est donc pas un phénomène de grands comptes. Mais parce que les points de départ étaient très inégaux, l'écart en points de pourcentage entre les moins de 50 salariés et les 250 et plus est passé de 16 points en 2023 à 43 points en 2025. Autrement dit : tout le monde accélère, et la distance grandit quand même. C'est exactement le problème auquel répond un plan de montée en compétences sur 90 jours, dimensionné pour une équipe de PME.

Le taux d'usage a triplé en deux ans, dans toutes les tailles d'entreprise

Part des entreprises déclarant utiliser au moins une technologie d'IA, France, entreprises de 10 personnes occupées ou plus, en % d'entreprises.

202320242025
Adoption de l'IA en France par taille d'entreprise, de 2023 à 2025 Entreprises de 10 à 49 salariés : 5 % en 2023, 9 % en 2024, 15 % en 2025. De 50 à 249 salariés : 10 %, 15 %, 31 %. De 250 salariés ou plus : 21 %, 33 %, 58 %. Ensemble des entreprises de 10 personnes occupées ou plus : 6 %, 10 %, 18 %. Source Insee, enquêtes TIC-entreprises 2023, 2024 et 2025. 10 à 49 salariés 5 % 9 % 15 % 50 à 249 salariés 10 % 15 % 31 % 250 salariés ou plus 21 % 33 % 58 % Ensemble du champ 6 % 10 % 18 %

Source : Insee, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 », Insee Première n° 2120, figure 1 (21 juillet 2026)

Le rattrapage des petites entreprises est réel en proportion, invisible en points. Une entreprise de 30 salariés a trois fois plus de chances d'utiliser l'IA qu'en 2023, et pourtant l'écart avec une entreprise de 300 salariés s'est creusé de 27 points sur la même période.

Un chiffre moins cité mérite autant d'attention : les entreprises utilisatrices d'IA concentrent désormais 66 % du chiffre d'affaires et 59 % de l'emploi du champ de l'enquête, contre 49 % et 40 % un an plus tôt. Et l'Insee prend lui-même la précaution que la plupart des reprises oublient : « cela ne signifie pas que 59 % des salariés français utilisent directement l'IA, mais que la majorité d'entre eux travaillent dans une entreprise déclarant mobiliser ces technologies ». La nuance est décisive pour un dirigeant : elle veut dire que vos concurrents de taille comparable au vôtre sont probablement encore dans les 82 %, mais que vos clients grands comptes, eux, ont déjà basculé.

Deux facteurs augmentent nettement la probabilité d'usage, à taille et secteur comparables. Appartenir à une firme multinationale multiplie les chances par 1,6. Employer initialement plus de 15 % d'ingénieurs et de cadres techniques les multiplie par 1,8. Ce second point est le plus intéressant pour une PME : ce n'est pas la taille du budget qui décide, c'est la présence de gens capables de faire le premier essai. C'est aussi ce qui rend le rôle de référent IA interne, désigné et outillé, plus déterminant que l'achat de licences.

2 · Ce que l'Insee mesure exactement, et ce qu'il écarte

C'est le passage le plus important de cette page, et il tient en une phrase de la note de méthode de l'Insee : « Les entreprises sont interrogées sur l'utilisation organisée de l'IA au sein de leurs services : leurs réponses n'incluent en principe pas les utilisations de l'IA que peuvent faire les salariés ponctuellement et à titre individuel (recours à l'IA générative comme par exemple les agents conversationnels, etc.). »

Tout l'écart entre les enquêtes françaises tient là. Le 18 % de l'Insee ne compte pas le commercial qui ouvre un agent conversationnel dans son navigateur pour reformuler une relance. Il compte l'entreprise qui a mis en place quelque chose. C'est précisément l'usage non déclaré, non encadré et non compté que nous décrivons dans l'article sur le shadow AI, ces outils que les équipes utilisent sans que la direction le sache.

À retenir avant de citer ce chiffre

18 % ne veut pas dire « 18 % des entreprises ont des salariés qui utilisent l'IA ». Cela veut dire « 18 % des entreprises déclarent un usage organisé, au niveau de l'entreprise ». Le vrai taux de contact des salariés avec un outil d'IA est nécessairement plus élevé, et l'Insee ne le mesure pas.

Trois autres précisions de périmètre, toutes explicites dans la publication et toutes systématiquement perdues en route.

Ce dernier point est celui que nous n'avons vu signalé nulle part ailleurs, et il impose une prudence de langage : dire « le taux d'usage a triplé entre 2023 et 2025 » est fidèle à la publication, dire « les entreprises ont triplé leur usage » ne l'est pas tout à fait. Si vous vous demandez ce que recouvrent ces catégories techniques, notre définition de l'IA pour un dirigeant de PME, sans jargon et sans démesure fait le tri entre les familles d'outils.

3 · Le détail sectoriel, et le piège du taux non pondéré

La moyenne nationale n'aide personne à se situer. Le détail sectoriel, si — à condition de le lire dans la bonne unité. Voici les dix secteurs publiés par l'Insee pour 2025.

De 9 % à 59 % : l'écart entre secteurs dépasse l'écart entre tailles

Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA, par secteur, France, 2025, entreprises de 10 personnes occupées ou plus, en % d'entreprises.

Adoption de l'IA par secteur d'activité en France en 2025 Information-communication 59 %. Activités spécialisées, scientifiques et techniques 33 %. Activités immobilières 26 %. Énergie, eau, déchets 19 %. Services administratifs et de soutien 19 %. Industrie manufacturière 17 %. Commerce 13 %. Hébergement-restauration 12 %. Construction 10 %. Transports et entreposage 9 %. Source Insee, enquête TIC-entreprises 2025. Information-communication 59 % Activités spécialisées, techniques 33 % Activités immobilières 26 % Énergie, eau, déchets 19 % Services administratifs, soutien 19 % Industrie manufacturière 17 % Commerce 13 % Hébergement-restauration 12 % Construction 10 % Transports et entreposage 9 %

Source : Insee, Insee Première n° 2120, figure 1, ventilation par secteur d'activité (données 2025)

Les secteurs les moins équipés sont ceux où le travail administratif est le plus subi. Bâtiment, transport, hôtellerie-restauration : c'est là que le premier gain de temps se voit le plus vite, précisément parce que rien n'est encore outillé.

La progression annuelle est la plus forte là où le niveau était le plus bas : le taux d'usage triple dans la construction et fait plus que doubler dans l'industrie manufacturière, l'énergie-eau-déchets et l'hébergement-restauration. Le commerce est l'exception, avec un taux multiplié par seulement 1,3 en un an, ce qui le fait passer derrière l'industrie. Ces mouvements sectoriels valent lecture à côté de nos analyses métier : l'IA dans le bâtiment, chantier par chantier, l'IA dans le transport et la logistique d'une PME, et l'IA dans une PME industrielle.

Vient maintenant la précaution la plus utile de cette page. Le taux ci-dessus compte des entreprises, en donnant le même poids à une entreprise de 12 salariés et à une entreprise de 4 000. L'Insee publie aussi le même taux pondéré par l'emploi, c'est-à-dire la part de l'emploi du secteur qui se trouve dans des entreprises utilisatrices. Les deux séries sont en pourcentage, mais elles ne répondent pas à la même question, et l'écart est parfois spectaculaire.

Dans les transports, compter les entreprises fait passer l'IA de 66 % à 9 %

Deux mesures du même secteur, France, 2025 : part des entreprises utilisatrices, et part de l'emploi du secteur situé dans une entreprise utilisatrice. Les deux sont des pourcentages, mais le dénominateur diffère.

En % des entreprises du secteurEn % de l'emploi du secteur
Taux d'usage de l'IA non pondéré et pondéré par l'emploi, cinq secteurs, 2025 Information-communication : 59 % des entreprises, 85 % de l'emploi. Énergie, eau, déchets : 19 % des entreprises, 80 % de l'emploi. Transports et entreposage : 9 % des entreprises, 66 % de l'emploi. Activités spécialisées, scientifiques et techniques : 33 % des entreprises, 58 % de l'emploi. Activités immobilières : 26 % des entreprises, 55 % de l'emploi. Source Insee, enquête TIC-entreprises 2025. Information-communication 59 % 85 % Énergie, eau, déchets 19 % 80 % Transports et entreposage 9 % 66 % Activités spécialisées, techniques 33 % 58 % Activités immobilières 26 % 55 %

Source : Insee, Insee Première n° 2120, taux d'usage pondéré par l'emploi (données 2025)

Le transport est le cas d'école : 9 % en comptant les entreprises, 66 % en comptant l'emploi. Dans un secteur concentré, un taux non pondéré bas ne signifie pas que l'IA y est absente, mais que ce sont les gros qui l'ont adoptée. Une PME du transport n'est pas en avance sur son secteur : elle est en retard sur ses gros concurrents.

La règle pratique se résume ainsi : le taux non pondéré répond à « quelle est la probabilité qu'une entreprise tirée au hasard utilise l'IA », le taux pondéré répond à « quelle part de l'activité du secteur est déjà concernée ». Citer le premier en croyant décrire le second est l'erreur la plus fréquente que nous ayons rencontrée en dépouillant les reprises de cette enquête.

4 · Technologies et finalités : la ligne où l'on se trompe le plus

Ici se trouve un piège d'unité qui produit des chiffres faux dans des articles par ailleurs sérieux. Les figures 2 et 3 de l'Insee Première n° 2120 ne sont pas exprimées en pourcentage d'entreprises, mais en pourcentage des effectifs salariés. La note de lecture de la figure 2 le dit sans ambiguïté : « Les entreprises qui déclarent mobiliser une technologie d'intelligence artificielle d'analyse de langage écrit représentent 27 % du total des effectifs salariés en 2024 et 48 % en 2025. »

Reprendre ce 48 % comme « 48 % des entreprises utilisent l'analyse de langage écrit » est un contresens majeur : la publication rappelle qu'en 2025, aucune des huit technologies n'est utilisée par plus d'une entreprise sur dix. Les deux affirmations coexistent sans se contredire, parce qu'elles ne portent pas sur la même population.

Il existe une troisième unité, la plus utile pour se comparer : la part parmi les entreprises qui utilisent déjà l'IA. C'est celle du graphique ci-dessous, et c'est celle que nous recommandons de citer quand on parle de choix d'outil.

Parmi les entreprises qui utilisent l'IA, c'est le texte qui domine

Technologies mobilisées, France, 2025, en % des entreprises utilisatrices d'IA de 10 personnes occupées ou plus — et non en % de l'ensemble des entreprises.

Technologies d'IA mobilisées parmi les entreprises utilisatrices, France 2025 Fouille automatique de texte, c'est-à-dire analyse du langage écrit : 56 %. IA générative de texte ou de parole : 43 %. IA générative d'images, de vidéos ou de contenu audio : 41 %. Reconnaissance automatique de la parole : 34 %. Source Insee, enquête TIC-entreprises 2025. Fouille de texte (langage écrit) 56 % IA générative de texte ou parole 43 % IA générative d'images, de vidéos 41 % Reconnaissance de la parole 34 %

Source : Insee, Insee Première n° 2120, « Le recours à des technologies souvent multiples » (données 2025)

Rien d'exotique dans ce classement : les quatre technologies dominantes portent toutes sur du langage. C'est cohérent avec ce que fait réellement une PME — lire, trier, écrire, transcrire — et cela explique que les gains les plus rapides se trouvent dans les tâches d'écrit.

Les entreprises qui utilisent l'IA en utilisent rarement une seule brique : 59 % en mobilisent au moins deux et 36 % au moins trois (68 % pour les entreprises de 250 salariés ou plus). Côté acquisition, la réponse est massive et rassurante pour une PME : 80 % des utilisatrices achètent un logiciel du commerce prêt à l'emploi, et 73 % passent par des services de cloud payants — contre seulement 33 % des non-utilisatrices. Autrement dit, l'adoption ne passe pas par un projet de développement : elle passe par un abonnement et une méthode. Notre comparateur des outils d'IA pour une PME, avec les tarifs et les politiques de données couvre ce terrain, et l'article sur le coût réel de l'IA dans une PME chiffre l'addition.

Les motifs déclarés par les utilisatrices sont explicites : 73 % citent l'optimisation des coûts (gain de temps ou de main-d'œuvre, automatisation de tâches répétitives), 64 % l'amélioration de la qualité et de la fiabilité des processus, 56 % la réalisation de travaux complexes ; près de deux tiers en citent au moins deux. Sur le premier motif, notre article sur l'automatisation des tâches répétitives sans projet informatique décrit le geste concret, et le calculateur de retour sur investissement permet de le chiffrer sur votre propre cas.

Quant aux finalités, la figure 3 est elle aussi en pourcentage des effectifs : la sécurité informatique arrive en tête avec des entreprises utilisatrices représentant 39 % des effectifs salariés, devant l'organisation des processus d'administration (38 %, en hausse de 21 points), la recherche et l'innovation (35 %), le marketing (31 %) et la logistique (18 %). Nous les citons ici dans leur unité d'origine ; ne les convertissez pas en parts d'entreprises.

5 · Ce que déclarent les entreprises qui n'utilisent pas l'IA

Cette figure-là est bien en pourcentage d'entreprises, et son champ est précis : les entreprises n'utilisant aucune technologie d'IA. Le résultat contredit le récit habituel du coût et de la réglementation.

Le premier frein n'est ni le prix ni le droit : c'est l'absence d'utilité perçue

Raisons évoquées pour ne pas utiliser l'IA, France, 2025, en % des entreprises de 10 personnes occupées ou plus n'utilisant aucune technologie d'IA. Plusieurs réponses possibles.

Raisons de ne pas utiliser l'IA déclarées par les entreprises françaises en 2025 Pas d'utilité pour l'entreprise : 71 %. Manque d'expertise : 54 %. Incompatibilité avec les équipements : 38 %. Inquiétudes sur la protection des données : 38 %. Manque de clarté juridique : 38 %. Coûts trop élevés : 32 %. Difficultés liées aux données nécessaires : 29 %. Considérations éthiques : 25 %. Source Insee, enquête TIC-entreprises 2025, figure 4. Pas d'utilité pour l'entreprise 71 % Manque d'expertise 54 % Incompatible avec les équipements 38 % Protection des données 38 % Manque de clarté juridique 38 % Coûts trop élevés 32 % Difficultés liées aux données 29 % Considérations éthiques 25 %

Source : Insee, Insee Première n° 2120, figure 4 (données 2025)

Un frein déclaré n'est pas une cause démontrée. Ces pourcentages décrivent ce que les répondants disent, pas ce qui bloque effectivement. « Pas d'utilité » recouvre aussi bien un jugement fondé qu'une absence de cas d'usage identifié.

Le motif varie fortement avec la taille, et c'est là que le tableau devient instructif. « Pas d'utilité » est cité par 71 % des entreprises de moins de 50 salariés mais seulement 54 % des 250 et plus. Le manque d'expertise fait l'inverse : 53 % chez les petites, 66 % de 50 à 249, 73 % chez les 250 et plus, où il devient le premier motif cité. Traduction : les grandes entreprises qui n'ont pas adopté savent ce qu'elles rateraient et n'ont pas les compétences ; les petites ne voient pas encore quoi en faire. Deux problèmes différents, deux réponses différentes — la seconde relevant du repérage de cas d'usage, ce que fait notre inventaire d'exemples concrets d'IA en PME, métier par métier.

Les entreprises qui utilisent déjà l'IA déclarent, elles aussi, être freinées : 53 % par un manque d'expertise, 43 % par des inquiétudes sur la protection des données, 42 % par un manque de clarté juridique, 33 % par des coûts trop élevés. Le manque d'expertise est donc le frein qui survit à l'adoption — il ne disparaît pas quand l'outil arrive. Sur les deux freins suivants, nos pages sur l'IA et le RGPD dans une PME et sur l'obligation de maîtrise de l'IA prévue par le règlement européen donnent l'état du droit sans le dramatiser.

6 · Les TPE : pourquoi France Num donne 26 % et l'Insee 18 %

L'Insee s'arrête à 10 personnes occupées. Or la majorité des entreprises françaises sont en dessous. La statistique publique qui les couvre est le Baromètre France Num, commandé par la Direction générale des entreprises et réalisé par le Crédoc et le Centre Relations Clients. Sa méthode est publiée en clair : 11 021 entreprises répondantes — 3 043 PME et 7 978 TPE, dont 1 027 entreprises de zéro salarié — interrogées en ligne (10 219) et par téléphone (802) du 26 mars au 18 avril 2025, avec des résultats redressés pour être représentatifs de la population 2024 des TPE-PME françaises par taille, secteur et région.

Résultat : 26 % des TPE-PME déclarent utiliser au moins un outil d'IA en 2025, contre 13 % en 2024. Le chiffre a doublé en un an. Il n'est pas comparable au 18 % de l'Insee : le champ démarre à zéro salarié, et la question ne restreint pas l'usage à un usage organisé.

Chez les TPE-PME aussi, l'usage monte avec l'effectif

Part des TPE-PME déclarant utiliser au moins un outil d'IA, France, 2025, par tranche d'effectif salarié, en % d'entreprises. La tranche 5 à 9 salariés n'est pas publiée en valeur exacte par le relais consulté.

Usage de l'IA par les TPE-PME françaises selon la tranche d'effectif en 2025 1 à 4 salariés : 23 %. 10 à 19 salariés : 31 %. 20 à 49 salariés : 35 %. 50 à 249 salariés : 42 %. Source Baromètre France Num 2025, détail par tranche relayé par l'Institut Supérieur des Métiers. 1 à 4 salariés 23 % 10 à 19 salariés 31 % 20 à 49 salariés 35 % 50 à 249 salariés 42 %

Source : Institut Supérieur des Métiers, détail par tranche du Baromètre France Num 2025 (16 octobre 2025) · Enquête source : DGE / Crédoc, Baromètre France Num 2025

Le gradient est le même que chez l'Insee, mais décalé vers le haut sur toute la ligne. Ce n'est pas une contradiction : la question posée aux TPE-PME accepte l'usage individuel du dirigeant, que l'Insee écarte par construction.

La ventilation sectorielle du baromètre est publiée directement par France Num, avec les évolutions : numérique 51 % (+11 points), services spécialisés et techniques 41 % (+19 points, la plus forte progression), services à la personne 29 % (multiplié par 3,2), hébergement-restauration 20 % (× 2,5), industrie agroalimentaire 15 % (× 2,5), agriculture 9 % (× 2,3). Les intitulés ne recoupent pas ceux de l'Insee : ne mélangez pas les deux nomenclatures dans un même tableau.

Les usages déclarés par les TPE-PME sont beaucoup plus concentrés que chez les entreprises de plus de 10 salariés : IA générative 22 % (+12 points), chatbots et assistants 14 % (+9), analyse de documents 6 % (+3), automatisation de tâches 5 % (+2), analyse des données 5 % (+2). L'écart entre les deux premiers et les trois suivants dit tout de l'état réel de l'adoption dans les petites structures : on écrit avec l'IA, on ne l'a pas encore branchée sur ses processus. Notre article sur l'IA pour les TPE et les artisans, sans budget informatique part précisément de là.

7 · Bpifrance annonce 55 % : comment lire cet écart

Deux publications de Bpifrance Le Lab circulent, et elles ne mesurent pas la même chose ni la même année. La première, « L'IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille », repose sur 1 209 dirigeants de PME et ETI interrogés d'octobre à décembre 2024 : 26 % déclarent utiliser une IA générative, 16 % une IA non générative, 10 % les deux ; 58 % jugent l'IA importante voire très importante pour la pérennité de leur entreprise à trois-cinq ans, et 43 % déclarent avoir défini une stratégie IA. Notez le décalage entre l'étude, diffusée en 2025, et ses données, collectées fin 2024.

La seconde est un communiqué du 10 février 2026 qui avance 55 % de TPE-PME utilisant des IA génératives fin 2025, contre 31 % fin 2024 — comparaison reprise par le groupe Caisse des Dépôts. Le même communiqué précise que 17 % l'utilisent régulièrement, en hausse de 11 points, avec deux usages dominants : génération de contenu écrit 72 %, analyse de données 67 %.

Précaution de lecture sur les chiffres Bpifrance

Le communiqué du 10 février 2026 ne publie ni le nombre de dirigeants interrogés, ni la période de collecte, ni la composition de l'échantillon : il renvoie à une enquête de conjoncture de Bpifrance Le Lab de janvier 2026 sans en documenter la méthode. Le 55 % est donc à traiter comme un indicateur de tendance déclaré par un acteur du financement, non comme une statistique publique méthodologiquement traçable. Nous le citons pour cette raison en le disant.

Reste que la comparaison 31 % → 55 % en un an est cohérente avec le doublement observé par France Num et par l'Insee sur des périmètres différents. Trois enquêtes indépendantes constatent la même chose : la diffusion de l'IA générative dans les petites entreprises françaises a changé de rythme entre 2024 et 2025. Ce que ces enquêtes ne disent pas, c'est ce que cet usage produit — sujet sur lequel notre article sur le calcul du retour sur investissement de l'IA en PME reste volontairement prudent, et sur lequel l'inventaire des erreurs qui font échouer un projet d'IA apporte le contrepoint.

8 · La comparaison européenne, pays par pays

Le même questionnaire étant appliqué dans toute l'Union, la comparaison est légitime — c'est rare, et c'est ce qui donne son prix à cette enquête. Eurostat publie 19,95 % pour l'ensemble de l'UE en 2025 ; l'Insee arrondit à 20 % dans sa figure 1. Même donnée, arrondis différents : ne présentez pas les deux comme des mesures distinctes.

Par taille, l'UE affiche 17 % pour les petites entreprises, 30,36 % pour les moyennes et 55,03 % pour les grandes, sur un échantillon de 157 000 entreprises enquêtées dans un champ de 1,53 million. La dispersion entre États membres est bien plus large que l'écart France-UE : le Danemark culmine à 42,03 % et la Roumanie ferme la marche à 5,21 %, avec une progression moyenne de 6,47 points en un an pour l'ensemble de l'Union.

L'Insee décrit la même géographie en clair : les pays du nord de l'Europe — Danemark, Finlande, Suède, Benelux — se situent entre 33 % et 42 % ; la Roumanie, la Pologne, la Bulgarie et la Hongrie entre 5 % et 10 %, comme Chypre et la Grèce ; l'Italie et l'Espagne sont proches de la France ; l'Allemagne est à 26 %, nettement au-dessus.

Le point le plus utile pour un dirigeant français est celui du rattrapage. Selon l'Insee, en 2025, les entreprises françaises ont comblé leur retard à taille comparable, sauf pour les moins de 50 salariés qui restent 2 points en retrait ; les 50 à 249 salariés atteignent le niveau européen ; les 250 et plus le dépassent de 3 points. Sectoriellement, le retard persiste dans les secteurs les plus avancés : 4 points sous la moyenne européenne pour l'information-communication, 7 points pour les activités spécialisées, scientifiques et techniques, et 6 points pour le commerce. Ailleurs, les niveaux sont désormais très proches. Le retard français, en 2025, n'est donc plus un retard général : c'est un retard des très petites entreprises et de trois secteurs. Sur la dimension souveraineté qui accompagne souvent ce débat, voir notre point sur l'IA souveraine et les offres françaises et sur l'hébergement local d'un modèle dans une PME.

9 · Compétences et formation : ce que mesurent les enquêtes françaises

Aucune statistique publique française ne mesure directement le nombre de salariés formés à l'IA. Ce qui existe, en revanche, est solide et convergent : les deux enquêtes officielles mesurent la compétence comme frein, et le Baromètre France Num mesure l'effort de formation numérique.

Côté Insee : le manque d'expertise est le deuxième frein des non-utilisatrices (54 %), le premier chez les entreprises de 250 salariés et plus (73 %), et il reste le premier frein des utilisatrices (53 %). Côté France Num : 55 % des TPE-PME disposent de compétences numériques internes, en hausse de 9 points, 70 % déclarent disposer de compétences numériques en combinant interne et prestataires, mais seules 20 % ont eu un collaborateur en formation numérique en 2024, et 55 % citent le manque de temps comme premier frein à la formation. Enfin, 37 % expriment des difficultés à trouver un prestataire numérique adapté, en forte hausse de 15 points.

La lecture croisée est nette : la compétence est le frein le plus stable de tous les chiffres de cette page, il ne disparaît pas avec l'adoption, et l'obstacle déclaré à la formation n'est pas le prix mais le temps. C'est ce constat qui structure notre façon de travailler — voir pourquoi la plupart des formations retombent en trois semaines, comment choisir une formation IA sans se faire vendre du vent et les dispositifs de financement réellement mobilisables en 2026.

Un dernier chiffre de l'Insee éclaire la question autrement. L'encadré de la publication regroupe les entreprises utilisatrices en cinq profils. Le cinquième, celui des usages très diversifiés — au moins cinq technologies, développées en interne pour près des deux tiers d'entre elles — ne représente que 10 % des entreprises utilisatrices, mais 48 % de leurs salariés. À l'autre bout, le premier profil, concentré sur une seule technologie généralement générative, représente un quart des utilisatrices et 8 % de leurs salariés, avec la construction surreprésentée. La maturité d'usage est donc, elle aussi, très inégalement répartie.

10 · Les huit pièges de lecture de ces chiffres

Chacun de ces pièges a été rencontré en dépouillant les publications et leurs reprises. C'est la partie de cette page que nous vous invitons à copier le plus volontiers.

Le piègeCe qui se passeLa formulation juste
1 · L'unité de la figureLes figures 2 et 3 de l'Insee Première n° 2120 sont en pourcentage des effectifs salariés, pas en pourcentage d'entreprises. Le 48 % de l'analyse de langage écrit est repris comme une part d'entreprises alors que la publication précise qu'aucune technologie ne dépasse une entreprise sur dix.« Les entreprises mobilisant une IA d'analyse de langage écrit représentent 48 % des effectifs salariés du champ en 2025. »
2 · Le millésime« Industrie manufacturière : 7 % » est la valeur 2024. La valeur 2025 est 17 %. Les deux se trouvent dans des publications Insee différentes, et les articles qui recopient l'ancienne sans la date font une erreur de dix points.Toujours écrire l'année des données, pas celle de la publication : « 17 % en 2025 (Insee, publication 2026) ».
3 · L'usage organiséLe 18 % de l'Insee exclut par construction l'usage ponctuel et individuel d'un agent conversationnel par un salarié. Le comparer à un chiffre d'enquête déclarative sur l'usage personnel produit un faux écart.« 18 % des entreprises déclarent un usage organisé de l'IA au sein de leurs services. »
4 · La pondérationLe taux sectoriel non pondéré compte les entreprises à poids égal. Dans les transports, il donne 9 % ; pondéré par l'emploi, 66 %. Conclure « le transport n'utilise pas l'IA » à partir du premier est faux.Préciser le dénominateur : « 9 % des entreprises du secteur, mais 66 % de son emploi ».
5 · Le champ d'effectifInsee : à partir de 10 personnes occupées. France Num : à partir de zéro salarié. Bpifrance : PME et ETI, puis TPE-PME selon la publication. Les additionner ou les opposer n'a pas de sens.Accoler la borne au chiffre : « 18 % (10 personnes occupées et plus) », « 26 % (TPE-PME, dès zéro salarié) ».
6 · La comparabilité de la sérieL'enquête 2025 propose 8 technologies contre 7 en 2023 et 2024. Une part de la hausse vient de l'élargissement du questionnaire, et l'Insee ne la quantifie pas.« Le taux d'usage a triplé entre 2023 et 2025, sur un questionnaire élargi d'une technologie en 2025. »
7 · L'unité qui change de millésimeLa figure des finalités d'usage est en pourcentage des entreprises utilisatrices dans la fiche portant sur 2024, et en pourcentage des effectifs salariés dans l'Insee Première n° 2120 portant sur 2025. Mettre les deux séries dans le même tableau produit une évolution imaginaire.Ne comparer les finalités d'une année à l'autre qu'à l'intérieur d'une même publication, et recopier l'unité indiquée sous la figure.
8 · La méthode absenteLe 55 % de Bpifrance est diffusé sans échantillon, sans période de collecte ni composition. Le 25 % de la tranche 5-9 salariés du Baromètre est écrit « ≈ 25 % » par le relais lui-même : c'est une lecture de graphique, pas une valeur publiée.Signaler l'absence : « chiffre déclaré par Bpifrance, méthode non publiée ».

Huit pièges relevés sur les publications de 2025 et 2026. Les deux premiers suffisent à expliquer la plupart des chiffres faux qui circulent sur l'adoption de l'IA en France.

11 · Tableau récapitulatif : toutes les valeurs et leurs sources

Une ligne par valeur. La colonne « périmètre et méthode » est celle qu'il faut conserver en citant : sans elle, le chiffre n'est plus vérifiable.

ValeurCe qu'elle mesure exactementPérimètre, méthode, échantillonAnnée des donnéesInstitution et source
18 %Part des entreprises déclarant utiliser au moins une technologie d'IA, en usage organiséFrance hors Mayotte, entreprises de 10 personnes occupées ou plus, secteurs principalement marchands hors agricole, financier et assurance ; enquête TIC-entreprises, ~11 000 entreprises interrogées, champ ~194 000 entreprises et 13,5 millions de salariés ; situation au 1er trimestre2025Insee Première n° 2120 (21 juillet 2026)
10 % · 6 %Même indicateur en 2024 et en 2023 : le taux a été multiplié par trois en deux ansMême champ ; questionnaire à 7 technologies en 2023 et 2024, contre 8 en 20252024 · 2023Insee Première n° 2120 · n° 2061 (2025)
15 / 31 / 58 %Part d'utilisatrices selon la taille : 10 à 49, 50 à 249, 250 salariés ou plusFrance, même champ. Les moins de 50 salariés représentent 85 % du champ, les 50-249 salariés 12 %2025Insee Première n° 2120, figure 1
16 → 43 pointsÉcart de taux d'usage entre les moins de 50 salariés et les 250 et plus, en points de pourcentageFrance, même champ, comparaison 2023-20252023 → 2025Insee Première n° 2120
66 % et 59 %Part du chiffre d'affaires et de l'emploi du champ concentrée dans les entreprises utilisatrices (49 % et 40 % en 2024). Ne signifie pas que 59 % des salariés utilisent l'IAFrance, même champ2025Insee Première n° 2120
× 1,6 et × 1,8Facteurs multiplicatifs de la probabilité d'utiliser l'IA, à taille et secteur comparables : appartenir à une multinationale ; employer plus de 15 % d'ingénieurs et cadres techniquesFrance, même champ, modèle à caractéristiques comparables2025Insee Première n° 2120
59 % → 9 %Taux d'usage par secteur, du plus élevé au plus faible : information-communication 59, activités spécialisées et techniques 33, immobilier 26, énergie-eau-déchets 19, services administratifs et de soutien 19, industrie manufacturière 17, commerce 13, hébergement-restauration 12, construction 10, transports et entreposage 9France, même champ, en % d'entreprises du secteur2025Insee Première n° 2120, figure 1
85 / 80 / 66 %Taux d'usage pondéré par l'emploi : information-communication, énergie-eau-déchets, transports et entreposage. À comparer aux 59 / 19 / 9 % non pondérésFrance, même champ, en % de l'emploi du secteur2025Insee Première n° 2120
7 % → 17 %Industrie manufacturière : valeur 2024 puis valeur 2025. Exemple du piège de millésime le plus courantFrance, même champ2024 · 2025Insee, fiche « IA dans les entreprises » (2025) · n° 2120 (2026)
56 / 43 / 41 / 34 %Technologies mobilisées parmi les entreprises utilisatrices : fouille de texte, IA générative de texte ou parole, IA générative d'images-vidéos-audio, reconnaissance de la paroleFrance, entreprises utilisatrices d'IA de 10 personnes occupées ou plus2025Insee Première n° 2120
59 % et 36 %Part des utilisatrices mobilisant au moins deux technologies, et au moins trois (68 % pour les 250 salariés et plus)France, entreprises utilisatrices d'IA2025Insee Première n° 2120
80 % et 73 %Part des utilisatrices achetant un logiciel du commerce prêt à l'emploi ; part recourant à des services de cloud payants (33 % chez les non-utilisatrices)France, entreprises utilisatrices d'IA2025Insee Première n° 2120
73 / 64 / 56 %Motifs déclarés d'usage : optimiser les coûts, améliorer la qualité et la fiabilité des processus, réaliser des travaux complexesFrance, entreprises utilisatrices d'IA ; plusieurs réponses possibles, près de deux tiers en citent au moins deux2025Insee Première n° 2120
39 / 38 / 35 / 31 / 18 %Finalités d'usage, en % des effectifs salariés : sécurité informatique, organisation des processus d'administration, recherche et innovation, marketing, logistiqueFrance, même champ. Unité d'origine de la figure 3 : ne pas convertir en part d'entreprises2025Insee Première n° 2120, figure 3
71 / 54 / 38 / 38 / 38 / 32 / 29 / 25 %Raisons de ne pas utiliser l'IA : pas d'utilité, manque d'expertise, incompatibilité des équipements, protection des données, clarté juridique, coûts, difficultés liées aux données, éthiqueFrance, entreprises de 10 personnes occupées ou plus n'utilisant aucune technologie d'IA ; plusieurs réponses possibles2025Insee Première n° 2120, figure 4
73 %Manque d'expertise cité par les entreprises de 250 salariés et plus n'utilisant pas l'IA : c'est leur premier motif, contre 53 % chez les 10-49 salariésFrance, non-utilisatrices, ventilation par taille2025Insee Première n° 2120, figure 4
53 / 43 / 42 / 33 %Freins déclarés par les entreprises qui utilisent déjà l'IA : manque d'expertise, protection des données, clarté juridique, coûts trop élevésFrance, entreprises utilisatrices d'IA2025Insee Première n° 2120
10 % pour 48 %Le profil d'usage le plus diversifié — au moins cinq technologies — représente 10 % des entreprises utilisatrices mais 48 % de leurs salariésFrance, classification ascendante hiérarchique sur les 8 variables de technologies déclarées2025Insee Première n° 2120, encadré
26 % · 13 %Part des TPE-PME déclarant utiliser au moins un outil d'IA, en 2025 et en 2024 : le taux a doubléFrance, TPE et PME à partir de zéro salarié ; 11 021 répondantes (3 043 PME, 7 978 TPE dont 1 027 à zéro salarié), en ligne et par téléphone du 26 mars au 18 avril 2025 ; enquête Crédoc et Centre Relations Clients pour la DGE2025 · 2024DGE / France Num, Baromètre 2025 (sept. 2025)
23 / 31 / 35 / 42 %Usage de l'IA par tranche d'effectif : 1-4, 10-19, 20-49, 50-249 salariés. La tranche 5-9 est donnée « ≈ 25 % » par le relais, donc non retenueFrance, TPE-PME, même enquête ; détail par tranche absent des pages francenum.gouv.fr, relayé par l'Institut Supérieur des Métiers2025Institut Supérieur des Métiers (16 oct. 2025)
51 / 41 / 29 / 20 / 15 / 9 %Usage par secteur chez les TPE-PME : numérique, services spécialisés et techniques, services à la personne, hébergement-restauration, industrie agroalimentaire, agricultureFrance, TPE-PME ; nomenclature propre au baromètre, non superposable à celle de l'Insee2025DGE / France Num, Baromètre 2025
22 / 14 / 6 / 5 / 5 %Types d'usage chez les TPE-PME : IA générative, chatbots et assistants, analyse de documents, automatisation de tâches, analyse des donnéesFrance, TPE-PME, même enquête2025DGE / France Num, Baromètre 2025
55 % · 20 % · 55 %TPE-PME disposant de compétences numériques internes (+9 points) ; ayant eu un collaborateur en formation numérique en 2024 ; citant le manque de temps comme premier frein à la formationFrance, TPE-PME, même enquête2025 (formation : 2024)DGE / France Num, Baromètre 2025
26 / 16 / 10 %Dirigeants déclarant utiliser une IA générative, une IA non générative, les deuxFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, collecte octobre-décembre 2024, publication 20252024Bpifrance Le Lab (2025)
58 % et 43 %Dirigeants jugeant l'IA importante pour la pérennité de l'entreprise à 3-5 ans ; dirigeants déclarant avoir défini une stratégie IAFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, collecte fin 20242024Bpifrance Le Lab (2025)
55 % · 31 % · 17 %TPE-PME utilisant des IA génératives fin 2025 et fin 2024 ; part l'utilisant « régulièrement » (+11 points). Usages : contenu écrit 72 %, analyse de données 67 %France, TPE-PME. ⚠ Méthode non publiée : ni échantillon, ni période de collecte, ni composition. Renvoi à une enquête de conjoncture Bpifrance Le Lab de janvier 2026fin 2025Bpifrance, communiqué du 10 février 2026
19,95 %Part des entreprises de l'Union européenne utilisant au moins une technologie d'IA (arrondi à 20 % par l'Insee)UE, entreprises de 10 salariés et plus ; 157 000 entreprises enquêtées sur un champ de 1,53 million ; données extraites en décembre 20252025Eurostat, Statistics Explained
17 / 30,36 / 55,03 %Part d'utilisatrices dans l'UE selon la taille : petites, moyennes, grandes entreprisesUE, entreprises de 10 salariés et plus2025Eurostat, Statistics Explained
42,03 % et 5,21 %Écart maximal entre États membres : Danemark en tête, Roumanie en dernier. Progression moyenne de l'UE : +6,47 points en un anUE, entreprises de 10 salariés et plus2025Eurostat, Statistics Explained
26 %Taux d'usage de l'IA en Allemagne, nettement au-dessus de la France ; nord de l'Europe de 33 % à 42 % ; Roumanie, Pologne, Bulgarie, Hongrie, Chypre et Grèce de 5 % à 10 %UE, entreprises de 10 salariés et plus, questionnaire harmonisé par le règlement n° 1006/20092025Insee Première n° 2120, section européenne
−2 / 0 / +3 pointsÉcart France-UE par taille en 2025 : moins de 50 salariés en retrait de 2 points, 50-249 au niveau européen, 250 et plus au-dessus de 3 pointsFrance et UE, entreprises de 10 personnes occupées ou plus2025Insee Première n° 2120
−4 / −7 / −6 pointsRetard sectoriel de la France sur la moyenne européenne : information-communication, activités spécialisées scientifiques et techniques, commerce. Niveaux très proches de l'UE ailleursFrance et UE, mêmes champs2025Insee Première n° 2120
9 / 15 / 33 %Adoption par taille en 2024, à ne pas confondre avec la série 2025 : 10-49, 50-249, 250 salariés et plusFrance, entreprises de 10 salariés ou plus ; enquête TIC 2024, ~10 500 entreprises interrogées, 1er trimestre 20242024Insee Première n° 2061 (2025)
69 / 29 / 24 / 14 %Modes d'acquisition des technologies d'IA, millésime 2024 : achat d'un logiciel du commerce prêt à l'emploi, contrat avec un prestataire, développement interne ou modification d'un logiciel libre, modification d'un logiciel acheté. Le 69 % est à ne pas confondre avec les 80 % de 2025France, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus ; plusieurs réponses possibles2024Insee, fiche « IA dans les entreprises » (oct. 2025)
3 % et 2 %Construction : taux d'usage en 2024 et en 2023, à comparer aux 10 % de 2025. Le secteur a triplé son taux en un anFrance, entreprises de 10 salariés ou plus. Valeurs présentes dans les deux publications2024 · 2023Insee, fiche « IA dans les entreprises » (oct. 2025) · n° 2120
28 / 27 / 25 / 24 / 23 / 21 / 6 %Finalités d'usage en % des entreprises utilisatrices, millésime 2024 : marketing ou ventes, production ou services, comptabilité-gestion, organisation des processus d'administration, R&D et innovation, sécurité informatique, logistiqueFrance, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus. Unité différente de celle de 2025, où la même figure passe en % des effectifs2024Insee, fiche « IA dans les entreprises » (oct. 2025), figure 3
44 % et 41 %Technologies les plus répandues parmi les utilisatrices, millésime 2024 : analyse de langage écrit, apprentissage automatique pour l'analyse de donnéesFrance, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus, en % d'entreprises utilisatrices2024Insee, fiche « IA dans les entreprises » (oct. 2025), figure 2
52 % et 36 %TPE-PME craignant la perte ou le piratage de leurs données (+3 points sur un an) ; TPE-PME déclarant avoir déjà subi un incident de cybersécurité, dont hameçonnage 21 %France, TPE-PME, Baromètre France Num 20252025DGE / France Num, Baromètre 2025
37 %TPE-PME exprimant des difficultés à trouver un prestataire numérique adapté, en hausse de 15 points en un anFrance, TPE-PME, Baromètre France Num 20252025DGE / France Num, Baromètre 2025

39 valeurs, sept publications institutionnelles, toutes vérifiées en accès direct le 27 juillet 2026. Les liens ouvrent la publication d'origine, pas un relais.

12 · Méthode, rythme de mise à jour, et ce que nous n'avons pas pu vérifier

Comment cette page est construite

Chaque valeur a été relevée dans la publication d'origine, ouverte et lue, et non reprise d'un article de presse. Quand une source institutionnelle refusait la consultation automatisée, nous avons soit trouvé un accès direct, soit renoncé au chiffre. Nous n'avons produit aucune donnée : 8 Academy démarre son activité de formation et n'a ni panel, ni base de clients à agréger. Tout ce qui est ici est vérifiable chez l'émetteur, et c'est le seul type de preuve que nous nous autorisons.

À quel rythme cette page est revue

Deux rendez-vous annuels commandent la mise à jour : la parution de l'enquête TIC-entreprises de l'Insee, qui tombe en juillet, et celle du Baromètre France Num, qui tombe en septembre. Eurostat rafraîchit sa page en décembre. Nous reprenons donc cette page au moins deux fois par an, après chaque parution, et à chaque fois qu'un chiffre déjà publié ici se révèle périmé ou mal lu. La date affichée en tête est celle de la dernière vérification de l'ensemble des liens et des valeurs, pas celle d'une simple retouche de forme.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier, et qui n'est donc pas ici

Si vous relevez une erreur sur cette page, ou si une publication plus récente contredit une valeur, écrivez-nous : la correction sera faite et datée. C'est aussi ce que nous demandons aux dirigeants que nous accompagnons — vérifier le chiffre avant de décider dessus, ce qui est le premier réflexe travaillé dans notre guide de l'IA en PME et dans le montage d'un tableau de bord de dirigeant.

Questions fréquentes

Quelle part des entreprises françaises utilise l'intelligence artificielle en 2025 ?+
18 %. C'est la valeur publiée par l'Insee dans l'Insee Première n° 2120 du 21 juillet 2026, pour les entreprises de 10 personnes occupées ou plus des secteurs principalement marchands, hors agriculture, finance et assurance. Elle vaut 10 % en 2024 et 6 % en 2023 : le taux a triplé en deux ans. L'écart selon la taille est le fait dominant : 15 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés, 31 % de 50 à 249, 58 % à partir de 250. L'enquête TIC-entreprises 2025 a porté sur environ 11 000 entreprises, sur un champ d'environ 194 000 entreprises employant 13,5 millions de salariés.
Pourquoi l'Insee annonce 18 % et Bpifrance 55 % la même année ?+
Parce que les deux enquêtes ne mesurent pas la même chose. L'Insee interroge les entreprises sur l'utilisation organisée de l'IA au sein de leurs services et écarte explicitement, dans sa note de méthode, les usages ponctuels et individuels que font les salariés d'un agent conversationnel. Bpifrance mesure l'inverse : la déclaration d'usage d'IA générative, y compris individuelle et occasionnelle, par des dirigeants de TPE et de PME. Ajoutez que le champ de l'Insee démarre à 10 personnes occupées alors que les enquêtes TPE-PME descendent à zéro salarié, et l'écart n'a plus rien de contradictoire : ce sont deux indicateurs différents, qui n'ont pas la même définition ni la même population.
Où trouver le chiffre officiel de l'adoption de l'IA par les PME françaises ?+
Dans deux publications, selon la taille visée. Pour les entreprises de 10 salariés et plus, la référence est l'enquête TIC-entreprises de l'Insee, publiée chaque été dans la collection Insee Première : l'édition portant sur 2025 est le n° 2120, parue le 21 juillet 2026. Pour les très petites entreprises, la référence est le Baromètre France Num, commandé par la Direction générale des entreprises et réalisé par le Crédoc, publié en septembre. Les deux sont gratuits, publics et accompagnés de leur méthodologie. Toute autre source citant un pourcentage d'adoption devrait indiquer laquelle des deux elle reprend.
La France est-elle en retard sur l'Europe en matière d'IA en entreprise ?+
Légèrement, et l'écart se referme. En 2025, 18 % des entreprises françaises utilisent au moins une technologie d'IA contre 20 % dans l'ensemble de l'Union européenne. L'Insee précise que le retard a été comblé pour les entreprises de 50 à 249 salariés, qui atteignent le niveau européen, et que les entreprises de 250 salariés ou plus le dépassent de 3 points. Il ne reste que 2 points d'écart sur les entreprises de moins de 50 salariés. Les écarts entre États membres sont bien plus larges que l'écart France-UE : de 5,21 % en Roumanie à 42,03 % au Danemark selon Eurostat.
Quel est le secteur français le plus utilisateur d'IA, et le moins ?+
En 2025, l'information-communication est à 59 % et les transports et l'entreposage à 9 %, selon l'Insee. Entre les deux : activités spécialisées, scientifiques et techniques 33 %, activités immobilières 26 %, énergie-eau-déchets 19 %, services administratifs et de soutien 19 %, industrie manufacturière 17 %, commerce 13 %, hébergement-restauration 12 %, construction 10 %. Attention à une précaution de lecture : ce taux compte les entreprises, pas l'activité. Pondéré par l'emploi, le transport passe de 9 % à 66 %, parce que ce sont les grandes entreprises du secteur qui ont adopté l'IA.
Peut-on réutiliser les chiffres de cette page ?+
Oui. Ce sont des données publiques et cette compilation est réutilisable en citant 8 Academy avec un lien vers la page. Nous vous demandons surtout de conserver la mention de la source primaire indiquée dans le tableau récapitulatif : c'est elle qui fait foi, et c'est elle qui porte le périmètre, l'année et la méthode sans lesquels le chiffre change de sens. Si vous ne devez retenir qu'une consigne : ne citez jamais un taux d'adoption sans son millésime et sans sa borne d'effectif.

Et si vous voulez situer votre entreprise dans ces chiffres

Ces statistiques disent où en est votre secteur, pas où vous en êtes. Notre test de maturité IA en dix questions vous positionne en quelques minutes, et le diagnostic de 30 minutes est l'occasion d'en parler sans engagement. Si vous préférez lire avant de parler à quelqu'un, commencez par la page de la formation IA pour PME.

Sources

  1. Insee, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 », Insee Première n° 2120, paru le 21 juillet 2026 (publication rédigée par Clément Lefebvre)
  2. Insee, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2024 », Insee Première n° 2061 (2025) — millésime précédent, à n'utiliser que pour les données 2024
  3. Insee, fiche « Intelligence artificielle dans les entreprises », Économie et société à l'ère du numérique, édition 2025 (enquête TIC 2024)
  4. Eurostat, « Use of artificial intelligence in enterprises », Statistics Explained, données extraites en décembre 2025
  5. Direction générale des entreprises / France Num, « Baromètre France Num 2025 : le numérique et l'intelligence artificielle dans les TPE et PME », enquête réalisée par le Crédoc et le Centre Relations Clients (septembre 2025)
  6. data.gouv.fr, réutilisation du jeu de données du Baromètre France Num 2025
  7. Institut Supérieur des Métiers, « Baromètre France Num 2025 : une diffusion rapide de l'IA, mais des usages encore très différenciés selon la taille des entreprises » (16 octobre 2025)
  8. Bpifrance Le Lab, « L'IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille », enquête auprès de 1 209 dirigeants, octobre-décembre 2024
  9. Bpifrance, communiqué du 10 février 2026 sur le déploiement de ses dispositifs IA (méthode d'enquête non publiée)
  10. Groupe Caisse des Dépôts, « Bpifrance : 55 % des TPE-PME déjà converties à l'IA » (12 février 2026)