Ressource de référence · Juillet 2026

Observatoire des chiffres de l'IA en PME : 61 statistiques sourcées.

Tout le monde cite des chiffres sur l'IA en entreprise. Presque personne ne dit ce qu'ils mesurent, sur qui, ni quand. Cette page rassemble les statistiques publiques utiles à un dirigeant de PME, avec pour chacune la formulation exacte de ce qui a été mesuré, l'organisme, l'année, le périmètre, l'échantillon et le lien vers la publication d'origine. Rien d'autre.

Dernière mise à jour : 27 juillet 2026 61 chiffres 8 thèmes 27 sources publiques
L'équipe 8 Academy · mis à jour trimestriellement
Tableau de bord chiffré affiché sur un écran d'ordinateur portable posé sur un bureau

Un chiffre sans son périmètre ne sert à rien. Un chiffre avec son périmètre sert à décider.

La réponse courte

En 2025, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisent au moins une technologie d'intelligence artificielle, contre 10 % en 2024 (Insee). L'écart de taille est le fait majeur : 15 % chez les 10 à 49 salariés, 58 % à partir de 250. Les gains mesurés en expérience contrôlée vont de 25 % à 55 % de temps sur une tâche isolée, jamais sur une entreprise entière.

Chiffres librement réutilisables en citant la source

Cette page compile de la donnée publique. Vous pouvez reprendre ces chiffres, ces tableaux et ces infographies dans un article, une présentation ou un rapport, à deux conditions : citer 8 Academy avec un lien vers cette page, et conserver la mention de la source primaire, qui porte la méthodologie sans laquelle le chiffre ne veut rien dire.

Source : Observatoire des chiffres de l'IA en PME, 8 Academy, mis à jour le 27 juillet 2026. https://stephanebacanin.com/observatoire-ia-pme.html

Ce que cette page ne contient pas : aucune donnée propriétaire, aucune enquête maison, aucun panel interne. 8 Academy démarre son activité de formation : nous n'avons pas de base de clients à agréger, et nous ne prétendons pas en avoir une. Tout ce qui est ici est vérifiable chez l'émetteur.

Un chiffre isolé ne prouve rien. « 95 % des projets d'IA échouent » et « l'IA fait gagner 40 % de temps » circulent côte à côte dans les mêmes conférences, sans que personne ne précise que le premier parle de pilotes d'entreprise et le second d'une tâche de rédaction chronométrée en laboratoire. Les deux sont exacts. Ils ne parlent pas du même objet. Cette page existe pour rendre cette distinction impossible à rater : chaque ligne indique ce qui a été mesuré, sur qui, quand et par qui. Si vous cherchez d'abord le raisonnement plutôt que les nombres, le guide de l'IA en PME le déroule de bout en bout.

1 · Adoption de l'IA par les entreprises françaises et européennes

Cette section est une synthèse. Le détail de l'adoption — la série depuis 2023, ce que l'Insee mesure exactement, le piège du taux pondéré par l'emploi, et pourquoi France Num annonce 26 % quand l'Insee annonce 18 % — est traité à part dans notre page sur l'adoption de l'IA dans les PME françaises.

C'est la famille de chiffres la plus citée et la plus maltraitée. Trois enquêtes officielles coexistent en France, avec trois champs différents : l'Insee interroge les entreprises de 10 salariés ou plus, le Baromètre France Num descend jusqu'à l'entreprise d'un seul salarié, Bpifrance interroge des dirigeants de PME et ETI. Elles donnent 18 %, 26 % et 26 % — et elles ont toutes raison. La section méthode explique pourquoi.

L'adoption de l'IA en France est d'abord une affaire de taille d'entreprise

Part des entreprises déclarant utiliser au moins une technologie d'IA, France, 2025, entreprises de 10 salariés ou plus.

Par classe de tailleEnsemble des entreprises de 10 salariés et plus
Utilisation de l'IA par taille d'entreprise en France en 2025 250 salariés ou plus : 58 %. 50 à 249 salariés : 31 %. 10 à 49 salariés : 15 %. Ensemble des entreprises de 10 salariés ou plus : 18 %. Source Insee, enquête TIC 2025. 250 salariés ou plus 58 % 50 à 249 salariés 31 % 10 à 49 salariés 15 % Ensemble (10 salariés et +) 18 %

Source : Insee Première n° 2120, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 » (2026)

Une entreprise de 250 salariés a près de quatre fois plus de chances d'utiliser l'IA qu'une entreprise de 30 salariés. Le sujet n'est pas la technologie, qui est identique pour tout le monde, mais la capacité à dégager du temps pour l'installer.
ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
18 %Part des entreprises déclarant utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielleFrance hors Mayotte, entreprises de 10 salariés ou plus ; environ 11 000 entreprises interrogées, champ d'environ 194 000 entreprisesInsee Première n° 2120 (2026, données 2025)
+8 pointsProgression de cette part entre 2024 et 2025 ; le taux a triplé depuis 2023Même champ, comparaison d'enquêtes annuelles successivesInsee Première n° 2120 (2026)
15 % / 31 % / 58 %Part d'utilisateurs selon la taille : 10 à 49 salariés, 50 à 249 salariés, 250 salariés ou plusFrance, entreprises de 10 salariés ou plus, 2025Insee Première n° 2120 (2026)
10 %Même indicateur un an plus tôt : part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA en 2024France, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands, hors agricole, financier et assuranceInsee Première n° 2061 (2025, données 2024)
44 %Part, parmi les entreprises utilisatrices d'IA, qui mobilisent une technologie d'analyse de langage écritFrance, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus, 2024Insee, fiche « Intelligence artificielle dans les entreprises » (2025)
28 % / 27 % / 24 %Fonctions dans lesquelles l'IA est mobilisée, parmi les utilisatrices : marketing ou ventes, production ou services, processus administratifsFrance, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus, 2024Insee, fiche IA dans les entreprises (2025)
69 %Part des utilisatrices qui achètent un logiciel commercial prêt à l'emploi, plutôt que de développer en interne (24 %)France, entreprises utilisatrices d'IA de 10 salariés ou plus, 2024Insee, fiche IA dans les entreprises (2025)
26 %Part des TPE-PME déclarant utiliser au moins un outil d'IA, contre 13 % un an plus tôtFrance, TPE et PME à partir d'un salarié ; 11 021 entreprises interrogées par le CREDOC pour la DGE, mars-avril 2025Baromètre France Num 2025, jeu de données publié sur data.gouv.fr (2025)
23 % → 42 %Gradient d'usage de l'IA selon la taille dans ce même baromètre : 23 % chez les 1 à 4 salariés, 42 % chez les 50 à 249France, TPE-PME à partir d'un salarié, 2025Baromètre France Num 2025 (2025)
26 % / 16 % / 10 %Part des dirigeants déclarant utiliser une IA générative, une IA non générative, et les deux à la foisFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI de plus de 10 salariés, enquête octobre-décembre 2024Bpifrance Le Lab (2025)
58 %Part des dirigeants jugeant l'IA importante voire très importante pour la pérennité de leur entreprise à 3-5 ansFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, 2024Bpifrance Le Lab (2025)
43 %Part des dirigeants déclarant avoir défini une stratégie IAFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, 2024Bpifrance Le Lab (2025)
19,95 %Part des entreprises de l'Union européenne utilisant des technologies d'IAUE, entreprises de 10 salariés et plus et travailleurs indépendants ; 157 000 entreprises enquêtées sur un champ de 1,53 million, 2025Eurostat, « Use of artificial intelligence in enterprises » (2025)
17 % / 30,4 % / 55 %Part d'utilisatrices dans l'UE selon la taille : petites, moyennes, grandes entreprisesUE, entreprises de 10 salariés et plus, 2025Eurostat (2025)
42 % / 5,2 %Écart maximal entre États membres : Danemark en tête (42,03 %), Roumanie en dernière position (5,21 %)UE, entreprises de 10 salariés et plus, 2025Eurostat (2025)

Trois enquêtes françaises, trois champs distincts. Les comparer sans lire la colonne « périmètre » produit des contresens.

Le détail sectoriel est plus parlant que la moyenne nationale. L'information-communication est à 59 % d'usage, la construction à 10 %, le transport à 9 %. Autrement dit : dans la plupart des secteurs qui emploient les PME françaises, l'IA est encore l'exception. C'est aussi ce qui rend l'écart de compétence rattrapable — voir ce que ça implique pour les TPE et les artisans.

Dans le bâtiment et le transport, l'IA reste l'exception

Part des entreprises utilisant au moins une technologie d'IA, par secteur d'activité, France, 2025, entreprises de 10 salariés ou plus.

Utilisation de l'IA par secteur d'activité en France en 2025 Information-communication : 59 %. Activités spécialisées et techniques : 33 %. Activités immobilières : 26 %. Énergie, eau, déchets : 19 %. Industrie manufacturière : 17 %. Construction : 10 %. Transports et entreposage : 9 %. Source Insee, enquête TIC 2025. Information-communication 59 % Activités spécialisées, techniques 33 % Activités immobilières 26 % Énergie, eau, déchets 19 % Industrie manufacturière 17 % Construction 10 % Transports, entreposage 9 %

Source : Insee Première n° 2120, enquête TIC entreprises (données 2025)

L'écart sectoriel dépasse l'écart de taille : de 9 % à 59 % selon l'activité. Les secteurs les moins équipés sont ceux où le travail administratif est le plus subi et le moins outillé — donc, mécaniquement, ceux où un gain de temps se voit le plus vite.

2 · Ce que l'IA fait gagner, mesuré en conditions expérimentales

C'est ici que les chiffres sont les plus solides et les plus mal utilisés. Les quatre études ci-dessous sont des expériences randomisées : on donne la même tâche à deux groupes, un seul dispose de l'IA, on chronomètre et on note. Ce protocole établit une causalité — ce que ne fait aucun sondage déclaratif. En échange, il mesure une tâche isolée, pas une entreprise. Personne n'a jamais mesuré « +14 % de productivité » sur une PME entière, et cette page ne le prétendra pas. Pour la traduction en euros, notre article sur le ROI de l'IA en PME détaille le calcul et ses pièges.

Le gain de vitesse est réel, mais il porte sur une tâche, jamais sur un poste

Gain de vitesse mesuré en expérience randomisée, par type de tâche. Chaque barre correspond à une étude et à une tâche différentes : les valeurs ne s'additionnent pas.

Gain de vitesse mesuré en expérience randomisée selon la tâche Écrire du code sur une tâche cadrée : 55 % plus rapide, 95 développeurs, GitHub 2023. Rédiger un texte professionnel : 40 % de temps en moins, 453 professionnels, Noy et Zhang, Science 2023. Tâches de conseil situées dans le périmètre de l'IA : 25,1 % plus rapide, 758 consultants, Dell'Acqua et al., Organization Science 2026. Écrire du code (tâche cadrée) 55 % Rédiger un texte professionnel 40 % Conseil, dans le périmètre 25,1 %

Sources : GitHub (2023), Noy & Zhang, Science (2023), Dell'Acqua et al., Organization Science (2026)

Plus la tâche est cadrée et textuelle, plus le gain est fort. C'est la raison pour laquelle il faut commencer par identifier des gestes précis plutôt que par « mettre de l'IA » dans un service.
ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
−40 %Réduction du temps moyen passé sur une tâche d'écriture professionnelle de niveau intermédiaire, avec accès à ChatGPTExpérience en ligne préenregistrée, 453 professionnels diplômés du supérieur, moitié exposée à l'outil ; tâches d'écriture spécifiques à leur métierNoy & Zhang (MIT), Science (2023)
+18 %Hausse de la qualité du rendu notée par des évaluateurs, sur ces mêmes tâches d'écritureMême expérience, mêmes 453 participantsNoy & Zhang, Science (2023)
+14 %Hausse du nombre de dossiers résolus par heure avec un assistant conversationnel, en moyenne sur l'ensemble des agentsDéploiement réel en entreprise, 5 179 agents de support client, assistance écriteBrynjolfsson, Li & Raymond, NBER w31161 / QJE (2023-2025)
+34 %Hausse pour les agents novices et les moins qualifiés ; l'effet sur les agents expérimentés et très qualifiés est minimalMêmes 5 179 agents de support clientBrynjolfsson, Li & Raymond (2023-2025)
55 %Vitesse d'exécution supérieure sur une tâche de développement cadrée (1 h 11 avec l'assistant contre 2 h 41 sans)Expérience contrôlée, 95 développeurs professionnels répartis aléatoirement en deux groupes ; taux d'achèvement 78 % contre 70 %GitHub (2023)
+12,2 %Nombre de tâches supplémentaires achevées avec l'IA, sur des tâches situées dans le périmètre de compétence du modèleExpérience préenregistrée en conditions réelles, 758 consultants en management, 18 tâches de conseil réalistesDell'Acqua et al., Organization Science (2026)
25,1 %Gain de rapidité sur ces mêmes tâches dans le périmètre ; la qualité progresse de 33,9 % pour le groupe formé au promptMêmes 758 consultantsDell'Acqua et al. (2026)
−19 pointsDégradation : baisse de la probabilité de produire une solution correcte sur les tâches situées hors du périmètre du modèleMêmes 758 consultants ; −24,5 % pour le groupe formé au promptDell'Acqua et al. (2026)

Les quatre études portent sur des tâches et des populations différentes. Elles ne se cumulent pas et ne se transposent pas mécaniquement.

Le chiffre qu'on oublie de citer

La même expérience qui montre +12,2 % de tâches achevées dans le périmètre du modèle montre 19 points de bonnes réponses en moins hors de ce périmètre. C'est le résultat le plus utile de toute la littérature : l'IA ne dégrade pas la performance « un peu partout », elle la dégrade brutalement sur les tâches où elle a l'air compétente sans l'être. D'où l'importance de savoir quelles erreurs éviter en déployant l'IA avant de mesurer quoi que ce soit.

3 · Pourquoi les projets d'IA échouent

Deux chiffres dominent le débat, et tous deux sont régulièrement déformés. Le rapport MIT NANDA ne dit pas que « 95 % des projets d'IA échouent » : il dit qu'environ 5 % des pilotes d'IA générative produisent une accélération rapide du chiffre d'affaires, et que le reste stagne. Gartner, de son côté, formule une prévision — 30 % d'abandons après la preuve de concept — et non une mesure.

Un pilote d'IA générative sur vingt produit une accélération rapide du chiffre d'affaires

Répartition des pilotes d'IA générative en entreprise selon leur effet sur le revenu. Rapport MIT NANDA, 2025 : 150 entretiens de dirigeants, 350 salariés sondés, 300 déploiements publics analysés.

Accélération rapide du revenuStagnation, pas de retour mesuré
Effet des pilotes d'IA générative sur le chiffre d'affaires Environ 5 % des pilotes d'IA générative obtiennent une accélération rapide du chiffre d'affaires. Les 95 % restants stagnent et ne produisent pas de retour mesuré. Rapport MIT NANDA relayé par Fortune, 2025. 5 % 95 % Accélèrent le revenu Stagnent : aucun retour mesuré

Source : Rapport MIT NANDA, « The GenAI Divide », relayé par Fortune (2025)

« Stagner » n'est pas « échouer techniquement ». Le rapport attribue l'écart non à la qualité des modèles mais à un déficit d'apprentissage des outils et des organisations : les outils génériques ne s'adaptent pas d'eux-mêmes aux flux de travail d'une entreprise.

Les freins déclarés, eux, sont mesurés par l'Insee sur un échantillon représentatif de non-utilisateurs. Le premier n'est ni le prix ni la technique : 71 % des entreprises qui n'utilisent pas l'IA n'y voient pas d'utilité pour leur activité. C'est un problème de cas d'usage, donc de traduction métier — ce que nous traitons dans les exemples concrets d'IA en PME.

Le premier frein à l'IA n'est pas le coût : c'est l'absence de cas d'usage visible

Raisons déclarées par les entreprises n'utilisant pas l'IA, France, 2025, entreprises de 10 salariés ou plus. Plusieurs réponses possibles.

Freins déclarés par les entreprises françaises n'utilisant pas l'IA en 2025 N'y voient pas d'utilité : 71 %. Manquent d'expertise ou de compétences : 54 %. Équipements existants incompatibles : 38 %. Craintes sur la protection des données : 38 %. Source Insee, enquête TIC 2025. N'y voient pas d'utilité 71 % Manquent d'expertise 54 % Équipements incompatibles 38 % Craignent pour les données 38 %

Source : Insee Première n° 2120, enquête TIC entreprises (données 2025)

Deux freins sur quatre relèvent de la connaissance, pas de l'investissement. « Pas d'utilité » et « pas d'expertise » se traitent par la démonstration sur un cas réel de l'entreprise, pas par l'achat d'un abonnement supplémentaire.
ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
≈ 5 %Part des pilotes d'IA générative obtenant une accélération rapide du chiffre d'affaires ; la grande majorité stagneMonde, grandes entreprises ; 150 entretiens de dirigeants, 350 salariés sondés, 300 déploiements publics analysésMIT NANDA, relayé par Fortune (2025)
≥ 30 %Prévision, non mesure : part des projets d'IA générative qui seront abandonnés après la preuve de concept d'ici fin 2025Monde, base de clients Gartner ; causes citées : mauvaise qualité des données, contrôles de risque insuffisants, coûts croissants, valeur métier peu claireGartner, communiqué du 29 juillet 2024
71 %Part des non-utilisateurs déclarant ne pas voir d'utilité de l'IA pour leur entrepriseFrance, entreprises de 10 salariés ou plus n'utilisant pas l'IA, 2025Insee Première n° 2120 (2026)
54 %Part des non-utilisateurs invoquant un manque d'expertise ou de compétencesFrance, entreprises de 10 salariés ou plus n'utilisant pas l'IA, 2025Insee Première n° 2120 (2026)
38 % / 38 %Incompatibilité avec les équipements existants ; inquiétudes sur la protection des donnéesFrance, entreprises de 10 salariés ou plus n'utilisant pas l'IA, 2025Insee Première n° 2120 (2026)
33 %Part des dirigeants citant les mauvais usages, dont le partage de données confidentielles, comme frein à l'IAFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, 2024Bpifrance Le Lab (2025)
23 % / 22 %Difficulté à identifier les cas d'usage ; résistance des employésFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, 2024Bpifrance Le Lab (2025)
60 %Part des dirigeants craignant que la direction de leur organisation manque d'un plan et d'une vision pour déployer l'IAMonde, 31 000 travailleurs du savoir dans 31 pays, février-mars 2024Microsoft, Work Trend Index (2024)

Un frein déclaré n'est pas une cause démontrée : ces pourcentages décrivent ce que les répondants disent, non ce qui bloque effectivement.

Deux tiers de ces freins se traitent par la même chose : un cas d'usage réel, sur les données réelles de l'entreprise, avec les personnes qui feront le travail. C'est le sens du rôle de référent IA en interne et de la manière d'embarquer une équipe réticente.

4 · Où part le temps de travail

Avant de chercher un gain, il faut savoir où le temps passe. La mesure la plus fiable disponible publiquement vient du Work Trend Index de Microsoft : elle ne repose pas sur du déclaratif mais sur l'observation de l'activité numérique agrégée, complétée par un sondage international. Résultat : 57 % du temps de travail numérique part en communication, 43 % en travail de création. Une entreprise qui veut récupérer des heures les cherche d'abord dans la première moitié — voir le traitement des e-mails et celui des réunions.

Six heures sur dix du temps numérique partent en communication, pas en production

Répartition du temps de travail numérique. Microsoft, Work Trend Index 2023, 31 000 répondants dans 31 pays.

RéunionsMessagerie instantanéeE-mailTravail de création
Répartition du temps de travail numérique Réunions : 23 %. Messagerie instantanée : 19 %. E-mail : 15 %. Travail de création (tableur, traitement de texte, présentation, prise de notes) : 43 %. Les trois premiers postes forment les 57 % de temps consacrés à la communication. Source Microsoft Work Trend Index 2023. 23 % 19 % 15 % 43 % Réunions Messagerie E-mail Création

Source : Microsoft, Work Trend Index, « Will AI Fix Work? » (2023)

Le gisement de temps le plus accessible est celui de la communication écrite. Il ne se réduit pas seulement avec un outil : une règle d'équipe sur les copies et les réunions y fait souvent plus qu'un abonnement.
ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
57 % / 43 %Part du temps de travail numérique consacrée à la communication (réunions, messagerie, e-mail) contre le travail de créationMonde, 31 000 travailleurs du savoir à temps plein dans 31 pays, 1er février au 14 mars 2023, 1 000 répondants par marchéMicrosoft, Work Trend Index (2023)
23 % / 19 % / 15 %Détail du temps de communication : réunions, messagerie instantanée, e-mailMême périmètre, 2023Microsoft, Work Trend Index (2023)
64 %Part des répondants déclarant manquer de temps et d'énergie pour faire leur travailMonde, 31 000 travailleurs du savoir dans 31 pays, 2023Microsoft, Work Trend Index (2023)
68 %Part déclarant ne pas disposer d'assez de temps de concentration ininterrompu dans la journéeMonde, 31 000 travailleurs du savoir dans 31 pays, 2023Microsoft, Work Trend Index (2023)
62 %Part déclarant passer trop de temps à chercher de l'informationMonde, 31 000 travailleurs du savoir dans 31 pays, 2023Microsoft, Work Trend Index (2023)

Ces chiffres portent sur des travailleurs du savoir équipés d'une suite bureautique. Ils ne décrivent pas le temps d'un poste de production ou de chantier.

5 · Emploi et transformation des métiers

Le chiffre à retenir est celui de l'Organisation internationale du travail, produit avec l'institut polonais NASK. Il est systématiquement raccourci en « un emploi sur quatre menacé », ce qui n'est pas ce qu'il dit : il mesure une exposition potentielle à la transformation, et les auteurs précisent que l'automatisation complète reste limitée. La nuance est développée dans notre article sur ce que l'IA remplace vraiment.

ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
25 %Part de l'emploi mondial relevant de professions potentiellement exposées à l'IA générative — exposition, pas suppressionMonde, index construit sur les tâches des professions de la classification internationaleOIT-NASK, index mondial (20 mai 2025)
34 %Même part dans les pays à revenu élevé, où les emplois de bureau sont surreprésentésPays à revenu élevé, 2025OIT-NASK (2025)
9,6 % vs 3,5 %Part de l'emploi féminin, contre l'emploi masculin, occupée par les métiers au plus haut risque d'automatisationMonde, 2025OIT-NASK (2025)
Automatisation complète « limitée »Conclusion qualitative des auteurs : de nombreuses tâches, même accélérées, continuent d'exiger une intervention humaineMonde, 2025OIT-NASK (2025)
+34 % pour les novicesRappel de la section 2 : c'est sur les moins expérimentés que le gain de productivité est le plus fort, l'effet étant minimal sur les experts5 179 agents de support client, déploiement réelBrynjolfsson, Li & Raymond (2023-2025)

Un index d'exposition mesure la structure des tâches d'un métier. Il ne prédit ni suppression de poste, ni calendrier.

6 · Formation, ancrage et oubli

Deux chiffres expliquent pourquoi une formation IA d'une journée ne change rien trois semaines plus tard, et pourquoi 8 Academy travaille sur plusieurs semaines plutôt qu'en une session. Le premier vient de la psychologie expérimentale : Murre et Dros ont répliqué en 2015 la courbe de l'oubli d'Ebbinghaus. Le second vient de la mesure de l'efficacité de la formation en entreprise. Le sujet est traité au fond dans pourquoi les formations retombent.

L'essentiel de l'oubli se produit dans les vingt-quatre premières heures

Score d'« économie » au réapprentissage (savings), réplication de la courbe de l'oubli d'Ebbinghaus, sujet Dros. Ce n'est pas un taux de rétention : c'est la part du temps d'apprentissage épargnée quand on réapprend la même liste.

Courbe de l'oubli répliquée par Murre et Dros Score d'économie au réapprentissage : 44 % après 20 minutes, 33 % après 1 heure, 27 % après 1 jour, 21 % après 6 jours, 20 % après 31 jours. La chute est concentrée sur les premières heures, puis la courbe se stabilise. Source Murre et Dros, PLOS ONE 2015. Après 20 minutes 44 % Après 1 heure 33 % Après 1 jour 27 % Après 6 jours 21 % Après 31 jours 20 %

Source : Murre & Dros, « Replication and Analysis of Ebbinghaus' Forgetting Curve », PLOS ONE (2015)

Entre un jour et un mois, la courbe bouge à peine : c'est la première journée qui décide. Une formation qui ne prévoit pas de reprise dans les 24 à 48 heures joue contre la mécanique de la mémoire, et l'expérience porte sur des syllabes sans signification, pas sur un geste professionnel.
ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
0,442 → 0,201Score d'économie au réapprentissage entre 20 minutes et 31 jours : la part de l'effort initial épargnée décroît fortement puis se stabiliseRéplication de l'expérience d'Ebbinghaus sur des syllabes dépourvues de sens, un sujet (Dros) ; valeurs du tableau 3Murre & Dros, PLOS ONE (2015)
45 %Taux moyen de scrap learning : part de la formation dispensée qui n'est pas appliquée au poste de travailOrganisations clientes de l'outil de mesure Metrics that Matter du Corporate Executive Board ; chiffre relayé par un prestataire de formation, pas une statistique publique officielleCEB Metrics that Matter, via Mandel (s.d.)
Pas de certificat exigéPosition de la Commission européenne sur l'obligation de maîtrise de l'IA : une trace interne suffit, aucun certificat n'est requisUnion européenne, article 4 de l'AI Act, applicable depuis le 2 février 2025Commission européenne, Q&A « AI literacy » (2025)
« Insuffisant »Toujours la Commission : se contenter des notices d'utilisation des systèmes ou demander au personnel de les lire risque d'être inefficaceUnion européenne, article 4, 2025Commission européenne, Q&A « AI literacy » (2025)

Le taux de 45 % provient d'un outil commercial de mesure relayé par un prestataire : à traiter comme un ordre de grandeur du secteur, pas comme une statistique officielle.

Ces deux mécaniques, l'oubli rapide et la formation non appliquée, sont les raisons pour lesquelles nous étalons l'accompagnement dans le temps plutôt que de tout concentrer en une journée. Le détail du dispositif est sur la page formation IA pour PME, et les critères pour comparer des offres dans comment choisir une formation IA. Le financement, lui, a ses propres règles : voir financer une formation IA.

7 · Cadre réglementaire et échéances

Trois textes concernent directement une PME française : l'AI Act européen, la facturation électronique et le RGPD. Les dates ci-dessous sont celles des textes officiels, pas des interprétations. L'article 4 de l'AI Act, sur la maîtrise de l'IA, est déjà applicable depuis le 2 février 2025 : c'est le point que la plupart des dirigeants découvrent en retard. Nous l'avons détaillé dans l'AI Act et l'obligation de former ses équipes.

L'AI Act ne s'applique pas d'un coup : quatre marches jusqu'au 2 août 2026

Calendrier d'application du règlement (UE) 2024/1689. Ce schéma décrit une séquence réglementaire, non des grandeurs mesurées.

Calendrier d'application de l'AI Act Étape 1, 1er août 2024 : entrée en vigueur du règlement, aucune exigence ne s'applique encore. Étape 2, 2 février 2025 : les interdictions de certains systèmes et l'obligation de maîtrise de l'IA de l'article 4 s'appliquent. Étape 3, 2 août 2025 : organismes notifiés, modèles d'IA à usage général, gouvernance, confidentialité et sanctions. Étape 4, 2 août 2026 : le reste du règlement s'applique, à l'exception de l'article 6(1), reporté au 2 août 2027. 1 · 1ᵉʳ août 2024 Entrée en vigueur. Rien ne s'applique. 2 · 2 février 2025 Interdictions et maîtrise de l'IA. 3 · 2 août 2025 Modèles à usage général, sanctions. 4 · 2 août 2026 Le reste du règlement, sauf l'article 6(1).

Source : AI Act Explorer, calendrier d'application du règlement (UE) 2024/1689

La marche déjà franchie est la deuxième. Depuis février 2025, une entreprise qui déploie un système d'IA doit assurer un niveau suffisant de maîtrise à son personnel : c'est une obligation de moyens, sans certificat, mais elle n'attend pas 2026.
ÉchéanceCe qui s'applique exactementPérimètreSource (année)
1er août 2024Entrée en vigueur de l'AI Act ; à ce stade aucune des exigences du règlement ne s'applique encoreUnion européenne, règlement (UE) 2024/1689AI Act Explorer, calendrier (2026)
2 février 2025Interdictions de certains systèmes d'IA, et obligation de maîtrise de l'IA (article 4)Fournisseurs et déployeurs de systèmes d'IA, ainsi que les tiers agissant en leur nomAI Act Explorer, article 4 (2026)
2 août 2025Organismes notifiés, modèles d'IA à usage général, gouvernance, confidentialité et sanctionsUnion européenneAI Act Explorer, calendrier (2026)
2 août 2026Le reste du règlement s'applique, à l'exception de l'article 6(1) ; début de la supervision de l'obligation de maîtrise de l'IAUnion européenneCommission européenne, Q&A AI literacy (2025)
2 août 2027Application de l'article 6(1) et des obligations correspondantesUnion européenneAI Act Explorer, calendrier (2026)
1er sept. 2026Obligation de recevoir des factures électroniques, pour toutes les entreprises assujetties à la TVA ; obligation d'émettre pour les grandes entreprises et les ETIFrance, opérations entre entreprises assujetties à la TVA établies en FranceService-Public Entreprendre (2026)
1er sept. 2027Obligation d'émettre des factures électroniques pour les PME et les micro-entreprisesFrance, opérations entre entreprises assujetties à la TVAService-Public Entreprendre (2026)
486 839 500 €Montant cumulé des amendes prononcées par la CNIL sur l'année, toutes causes confonduesFrance, 2025 : 259 décisions dont 83 sanctions, 143 mises en demeure, 31 rappels aux obligations légales, 2 avertissementsCNIL, bilan des sanctions 2025
14 organismesNombre d'organismes sanctionnés par la CNIL pour insuffisance des mesures de sécurité des donnéesFrance, 2025CNIL, bilan des sanctions 2025
Interdiction de principeRecommandation CNIL : ne jamais partager de données confidentielles ou personnelles avec un service d'IA générative grand public, et encadrer l'usage par une charte interneFrance, doctrine CNIL applicable à toute entreprise traitant des données personnellesCNIL, questions-réponses IA générative

Calendrier arrêté au 27 juillet 2026 sur les textes officiels. Les échéances de facturation électronique ont déjà été décalées par le passé : vérifiez la source avant de citer.

Concrètement, deux documents suffisent à couvrir l'essentiel de ces obligations dans une PME : une charte d'usage, dont nous donnons le modèle dans la politique IA d'une page, et une règle claire sur ce qui peut ou non entrer dans un outil d'IA, détaillée dans IA et RGPD. Pour les entreprises qui veulent garder les données en Europe, voir aussi les options d'IA souveraine. Et la facturation électronique de septembre 2026 est traitée dans facturation électronique et IA.

8 · Sécurité, fraude et usages non encadrés

Deux risques différents cohabitent, et on les confond souvent. Le premier est externe : la fraude assistée par IA, dont l'affaire Arup est le cas d'école. Le second est interne : les salariés qui utilisent l'IA sans que l'entreprise le sache. Sur ce second point, le chiffre est spectaculaire — 78 % des utilisateurs d'IA apportent leurs propres outils au travail, et 80 % dans les petites et moyennes entreprises. C'est ce que nous appelons le shadow AI.

ChiffreCe qu'il mesure exactementPérimètre et échantillonSource (année)
78 %Part des utilisateurs d'IA qui apportent leurs propres outils d'IA au travail ; 80 % dans les petites et moyennes entreprisesMonde, 31 000 travailleurs du savoir à temps plein dans 31 pays, février-mars 2024, 1 000 répondants par marchéMicrosoft, Work Trend Index (2024)
46 %Part des utilisateurs d'IA ayant commencé à s'en servir moins de six mois avant l'enquêteMonde, mêmes 31 000 répondants, 2024Microsoft, Work Trend Index (2024)
31 %Part des violations de données qui débutent par l'exploitation d'une vulnérabilité logicielle, devenue le premier vecteur d'accès devant les mots de passe volésMonde, incidents survenus entre le 1er novembre 2024 et le 31 octobre 2025, édition 2026 du rapportVerizon, Data Breach Investigations Report (2026)
48 %Part des violations impliquant un rançongiciel, alors même que les montants versés diminuentMonde, même période, DBIR 2026Verizon, DBIR (2026)
15 %Part des techniques d'attaque désormais renforcées par l'IA générativeMonde, même période, DBIR 2026Verizon, DBIR (2026)
+40 %Surcroît de taux de clic constaté sur les appareils mobiles, qui en fait la cible privilégiéeMonde, même période, DBIR 2026Verizon, DBIR (2026)
16,6 Md$Pertes déclarées à l'Internet Crime Complaint Center du FBI sur l'année, en hausse de 33 % sur un an, pour 859 532 plaintesÉtats-Unis principalement, plaintes volontaires déposées auprès de l'IC3 en 2024 — donc un plancher, pas un totalFBI IC3, rapport annuel 2024 (chiffres relayés, 2025)
2,77 Md$Pertes attribuées à la fraude au président et à la compromission de messagerie professionnelle (Business Email Compromise)États-Unis principalement, plaintes IC3 de 2024, en léger recul par rapport à 2,9 Md$ en 2023FBI IC3, rapport annuel 2024 (chiffres relayés, 2025)
25,6 M$Montant détourné lors d'une visioconférence entièrement composée de participants générés par IA, à l'exception de la victimeBureau de Hong Kong du groupe d'ingénierie Arup, février 2024 ; environ 200 millions de dollars de Hong Kong ; entreprise identifiée en mai 2024AI Incident Database, incident 634, citant CNN (2024)
33 %Part des dirigeants de PME et ETI citant le mauvais usage, dont le partage de données confidentielles, comme frein principal à l'IAFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI, 2024Bpifrance Le Lab (2025)

Les chiffres de l'IC3 reposent sur des plaintes volontaires : ils sous-estiment nécessairement la fraude réelle. Le DBIR porte sur des violations investiguées, pas sur un échantillon représentatif d'entreprises.

Un cas comme Arup n'a rien d'exotique pour une PME : il repose sur une chaîne banale, un e-mail crédible puis une pression hiérarchique en visioconférence. La contre-mesure n'est pas technique mais procédurale, et elle tient en une ligne : aucun virement exceptionnel validé sur la base d'une visioconférence. Le panorama complet des fraudes assistées par IA est dans se protéger des arnaques à l'IA.

9 · Méthode, précautions et limites

Cette section est la plus importante de la page. Elle explique ce que les chiffres qui précèdent ne disent pas. Sans elle, l'observatoire ne serait qu'un stock de nombres, et un stock de nombres se retourne facilement contre celui qui le cite.

Comment cette page est construite

Chaque chiffre a été relu sur la publication d'origine avant d'être inscrit ici, avec sa formulation exacte, son organisme, son année, son périmètre et son échantillon. Quand un chiffre couramment cité n'a pas pu être retrouvé sur la source annoncée, il a été retiré plutôt que reformulé. La page indique explicitement les cas où nous citons un relais plutôt que la publication primaire : Fortune pour le rapport MIT NANDA, la presse spécialisée pour le rapport IC3, un prestataire de formation pour le taux de scrap learning, la base d'incidents pour l'affaire Arup. Ce n'est pas idéal, c'est indiqué.

Aucune donnée de cette page ne provient de 8 Academy. Nous ne disposons d'aucun panel, d'aucune base de clients à agréger, et nous n'en inventons pas. Ce qui est à nous, c'est l'organisation, la mise en garde et le travail de vérification.

Pourquoi les chiffres d'adoption ne concordent pas

Le lecteur pressé conclut qu'une des enquêtes se trompe. En réalité, elles ne comptent pas la même population et ne posent pas la même question. Le tableau ci-dessous met les trois principales face à face — c'est le meilleur antidote aux citations approximatives.

EnquêteQuestion poséeChamp des entreprisesRésultat
Insee, TIC 2025Utilisation d'au moins une technologie d'IA par l'entrepriseFrance hors Mayotte, 10 salariés ou plus, environ 11 000 entreprises interrogées18 % en 2025
France Num 2025Utilisation d'au moins un outil d'IAFrance, TPE-PME à partir d'un salarié, 11 021 entreprises interrogées par le CREDOC26 % en 2025
Bpifrance Le LabUsage d'une IA générative, distinct de l'IA non générativeFrance, 1 209 dirigeants de PME et ETI de plus de 10 salariés26 % d'IA générative (2024)
Eurostat 2025Utilisation de technologies d'IAUE, 10 salariés et plus et indépendants, 157 000 entreprises enquêtées20 % pour l'UE

Quatre chiffres, quatre définitions. Citer « 26 % des PME françaises utilisent l'IA » sans préciser le champ produit un contresens de sept points.

Trois sources d'écart expliquent la quasi-totalité des divergences que vous rencontrerez :

Pourquoi une étude américaine sur des rédacteurs ne se transpose pas à une PME du bâtiment

C'est la précaution la plus utile de toute cette page. Les gains de la section 2 sont solides parce qu'ils viennent d'expériences randomisées. Cette solidité a un prix : ils ne valent que dans les conditions de l'expérience. Quatre écarts séparent le laboratoire d'une entreprise réelle.

La nature de la tâche. Les 40 % de Noy et Zhang portent sur des tâches d'écriture professionnelle isolées, confiées à des diplômés du supérieur dans un cadre incité. Les 55 % de GitHub portent sur une tâche de développement unique et cadrée. Dans une PME du bâtiment, la journée d'un conducteur de travaux n'est pas une suite de tâches d'écriture chronométrées : c'est un enchaînement d'interruptions, de déplacements, de décisions à prendre avec des informations incomplètes. Le gain existe sur les fragments rédactionnels de sa journée — le devis, le compte-rendu, la relance — et il est nul sur le reste. Prendre 40 % du temps total serait une erreur d'un facteur trois ou quatre.

Le niveau des participants. L'étude sur 5 179 agents de support montre un gain de 34 % pour les novices et un effet minimal pour les experts. La moyenne de 14 % ne s'applique donc à personne en particulier : elle dépend entièrement de la composition de l'équipe. Une PME dont les postes clés sont tenus par des personnes très expérimentées y gagnera moins qu'un centre d'appels en forte rotation.

La frontière dentelée. L'expérience sur 758 consultants montre que la même IA, la même journée, améliore la performance de 12,2 % sur certaines tâches et la dégrade de 19 points sur d'autres, sans que la personne perçoive la différence. Aucun chiffre de gain n'a de sens tant qu'on n'a pas identifié où passe cette frontière dans le métier concerné.

Le contexte institutionnel. Un gain mesuré aux États-Unis en 2023 n'incorpore ni le RGPD, ni les obligations de l'AI Act, ni les usages linguistiques français, ni les logiciels métiers du marché français. Ces éléments ne suppriment pas le gain, ils en consomment une partie sous forme de temps de mise en conformité et de formation.

La règle d'usage de ces chiffres

Un chiffre d'étude sert à estimer un ordre de grandeur avant de mesurer chez soi, jamais à remplacer la mesure. La seule donnée qui engage une décision d'investissement dans une PME est celle qu'on relève sur son propre travail, sur deux ou trois semaines, avant et après. Notre article sur le calcul du ROI de l'IA décrit ce relevé, et le coût réel de l'IA en PME l'autre moitié de l'équation.

Ce que cette page ne couvre pas

À retenir

Trois chiffres suffisent à cadrer une décision. L'adoption française est réelle mais très inégale : 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus en 2025, de 15 % chez les petites à 58 % chez les grandes. Les gains mesurés en expérience randomisée vont de 25 % à 55 % de temps sur une tâche précise, avec une dégradation de 19 points hors du périmètre de compétence du modèle. Et le premier frein déclaré, à 71 %, n'est ni le prix ni la technique mais l'absence de cas d'usage visible. Tout le reste de cette page sert à ne pas se tromper sur ce que ces trois chiffres autorisent à conclure.

Ces chiffres, appliqués à votre entreprise

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Questions fréquentes

Quelle part des entreprises françaises utilise l'intelligence artificielle ?+
Selon l'Insee, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle en 2025, contre 10 % en 2024. L'écart selon la taille est considérable : 15 % pour les 10 à 49 salariés, 31 % pour les 50 à 249, 58 % à partir de 250 salariés. La moyenne de l'Union européenne s'établit à 20 % la même année.
Pourquoi les chiffres d'adoption de l'IA varient-ils autant d'une enquête à l'autre ?+
Parce que les enquêtes ne comptent pas la même chose. L'Insee interroge les entreprises de 10 salariés ou plus sur l'usage d'une technologie d'IA par l'entreprise. Le Baromètre France Num inclut les entreprises d'un seul salarié et enregistre 26 % d'usage. Bpifrance interroge des dirigeants de PME et ETI et distingue IA générative et IA non générative. Trois définitions, trois champs, trois chiffres : ils ne se contredisent pas, ils ne mesurent pas la même population.
Les gains de productivité mesurés dans les études s'appliquent-ils à une PME française ?+
Pas directement. Les gains les mieux établis viennent d'expériences randomisées sur des tâches isolées et chronométrées : rédaction professionnelle, support client écrit, écriture de code, tâches de conseil. Aucune ne porte sur une PME française, aucune ne mesure un effet sur le chiffre d'affaires. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur du gain possible sur un geste précis, à condition que ce geste existe déjà dans le travail réel de la personne.
Est-il vrai que 95 % des projets d'IA en entreprise échouent ?+
Le chiffre existe mais il est souvent mal cité. Le rapport MIT NANDA de 2025 mesure qu'environ 5 % des pilotes d'IA générative produisent une accélération rapide du chiffre d'affaires ; les 95 % restants stagnent, ce qui n'est pas la même chose qu'un échec technique. Gartner formule une prévision distincte : au moins 30 % des projets d'IA générative abandonnés après la preuve de concept d'ici fin 2025.
Quelles échéances réglementaires une PME doit-elle connaître ?+
Trois dates. Le 2 février 2025, l'article 4 de l'AI Act sur la maîtrise de l'IA s'applique déjà : les employeurs qui déploient des systèmes d'IA doivent assurer un niveau suffisant de maîtrise à leur personnel, sans certificat obligatoire. Le 2 août 2026, le reste du règlement s'applique, article 6(1) excepté. Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques.
Peut-on réutiliser les chiffres de cette page ?+
Oui. Les chiffres compilés ici sont des données publiques et la mise en forme de cette page est réutilisable en citant 8 Academy et en conservant le lien vers la page. Nous recommandons de citer aussi la source primaire indiquée dans chaque tableau : c'est elle qui fait foi, et elle porte la méthodologie et le périmètre qui donnent son sens au chiffre.

Sources

  1. Insee, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025 », Insee Première n° 2120 (2026)
  2. Insee, « Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2024 », Insee Première n° 2061 (2025)
  3. Insee, fiche « Intelligence artificielle dans les entreprises », Économie et société à l'ère du numérique (2025)
  4. DGE / CREDOC, Baromètre France Num 2025, jeu de données publié sur data.gouv.fr (2025)
  5. France Num, « Baromètre France Num 2025 : le numérique et l'intelligence artificielle dans les TPE et PME »
  6. Bpifrance Le Lab, « L'IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille » (2025)
  7. Eurostat, « Use of artificial intelligence in enterprises », Statistics Explained (2025)
  8. Noy S. & Zhang W., « Experimental evidence on the productivity effects of generative artificial intelligence », Science 381(6654) (2023)
  9. Brynjolfsson E., Li D. & Raymond L., « Generative AI at Work », NBER Working Paper 31161 (2023), publié dans Quarterly Journal of Economics (2025)
  10. Dell'Acqua F. et al., « Navigating the Jagged Technological Frontier », Organization Science 37(2) (2026)
  11. GitHub, « Quantifying GitHub Copilot's impact on developer productivity and happiness » (2023)
  12. MIT NANDA, « The GenAI Divide : State of AI in Business 2025 », relayé par Fortune (2025)
  13. Gartner, « Gartner Predicts 30% of Generative AI Projects Will Be Abandoned After Proof of Concept By End of 2025 » (29 juillet 2024)
  14. Microsoft, Work Trend Index, « Will AI Fix Work? » (2023)
  15. Microsoft & LinkedIn, Work Trend Index, « AI at Work Is Here. Now Comes the Hard Part » (2024)
  16. OIT & NASK, index mondial d'exposition des emplois à l'IA générative (20 mai 2025)
  17. Murre J. M. J. & Dros J., « Replication and Analysis of Ebbinghaus' Forgetting Curve », PLOS ONE (2015)
  18. Corporate Executive Board, Metrics that Matter, taux de scrap learning, relayé par Mandel
  19. AI Act Explorer, calendrier d'application du règlement (UE) 2024/1689
  20. AI Act Explorer, article 4 — maîtrise de l'IA
  21. Commission européenne, « AI literacy — questions and answers » (2025)
  22. Service-Public / Entreprendre, calendrier de la facturation électronique obligatoire
  23. CNIL, bilan des sanctions et des mesures correctrices 2025
  24. CNIL, questions-réponses sur l'utilisation d'un système d'IA générative
  25. Verizon, Data Breach Investigations Report, édition 2026
  26. FBI, Internet Crime Complaint Center, rapport annuel 2024 (chiffres relayés)
  27. AI Incident Database, incident 634 — fraude par visioconférence deepfake chez Arup, citant CNN (2024)